Le grand départ !

Dimanche 22 juin : 21h00
Ces derniers jours et dernières semaines sont passés bien trop vites. Et je ne parle même pas de ces dernières heures à l’appartement… « Tu vas t’ennuyer maintenant que tu ne travailles plus » me disait-on. S’ils savaient… Les préparatifs, la demande de visa, les derniers achats, les au-revoir à ses amis et proches. Un dernier verre par ici, un dernier verre par là.
Et tout à coup, c’est le jour J est là! Le sac qui jonche le sol depuis déjà plusieurs semaines va enfin pouvoir commencer sa vie.

Un chapitre se referme, et c’est un nouveau qui peut commencer…

Cela fait tellement longtemps que l’on pense et que l’on prépare ce voyage que tout vous revient en pleine face en un clin d’œil ! Trois mois déjà depuis ma démission. J’ai l’impression que c’était hier. Ou bien peut-être une éternité ? Une fois assis dans le bus tout devient confus. Est-ce bien le départ tant attendu pour ce long périple que l’on attend depuis des mois ? Suis-je prêt pour un voyage au long court ? Un an c’est énorme ! Mais tellement court à la fois !

Tout s’accélère, tout s’emmêle dans mon esprit, la notion du temps devient une chose complètement abstraite. Alors je m’allonge, je ferme les yeux et me laisse bercer par la douce musique de Julia Kent en pensant à ces derniers instants passés auprès de ceux que j’ aime. Quelques larmes ruissellent le long de mes joues…et je finis par sombrer peu à peu dans le sommeil. Demain, tout cela sera surement plus clair et aura de nouveau un sens.

Après des heures de trajet, on approche enfin de Berlin. Soirée tranquille dans la capitale allemande, une bonne nuit de repos ne sera pas de trop avant d’attaquer un long périple en stop…direction : Saint Saint-Pétersbourg ! Mon visa russe commence le 1er juillet, je dispose donc d’une dizaine de jours pour rallier la frontière russe. En y repensant, j’aurais peut-être du avancer mon départ, ou décaler mon visa.

10 jours à sillonner les routes de Pologne et des pays baltes, de station-service en station-service, de voiture en voiture. Parfois en compagnie d’un homme silencieux vous emmenant à l’adresse exacte, parfois en compagnie d’un jeune hystérique baragouinant un mélange de lituanien et d’anglais incompréhensible, vous déposant au milieu de nulle part.

 

On part le matin de bonne heure avec le sourire aux lèvres, avant de se maudire d’avoir choisi l’autostop comme moyen de locomotion !

Cependant, ce qu’il y a d’intéressant avec le stop c’est que tout peut arriver. On peut tomber sur un conducteur qui vous emmènera directement à destination en avalant les kilomètres un à un, et puis le jour d’après on n’avance plus. On va de ville en ville, 20 kms par ci, 40 kms par là. Et on se retrouve à devoir planter la tente aux abords d’un lac perdu au beau milieu de la Pologne, car aucun conducteur n’a bien voulu de vous l’espace de 3 heures ! Puis le jour d‘après, la magie opère à nouveau, et le morale revient au beau fixe.
L’autostop n’a rien d’une science exact, il n’obéit à aucune règle. Mais il a ce je ne sais quoi de fascinant et d’excitant à la fois, qui vous donne envie de réitérer l’expérience encore et encore. Outre le fait de savoir si l’on arrivera à bon port, c’est une petite lucarne sur le pays et sa population, ses paysages et sa culture. On se retrouve dans des endroits où l’on n’aurait jamais mis les pieds en prenant un bus. On rencontre des gens avec qui jamais on n’aurait jamais eu aucun contact en visitant le centre-ville. Parfois vendeur, parfois négociateur, agriculteur ou encore routier, c’est tout un panel qui est représenté lorsque l’on se retrouve à tendre le pouce en bord de route.

Je continue petit à petit ma route vers la Russie… traversant la Pologne d’ouest en est, à travers la grande plaine d’Europe du Nord, grands espaces verts traversés de part en part par l’autoroute A2 parsemé de lacs ici et là, avant de rentrer en terres baltes, en commençant par la Lituanie..

5 jours déjà ; la machine est lancée. Les rencontres s’enchaînent, les soirées se suivent et ne se ressemblent pas. Internet et les nouvelles technologies ont changé notre manière de voyager. En ce qui me concerne en tout cas. Plus besoin de partir avec les cartes détaillées de chaque pays traversé. Un smartphone avec l’application qui va bien, et tout devient plus facile. Trouver l’adresse de son hôte, un endroit stratégique où l’on va pouvoir lever le pouce, se repérer dans la ville et trouver un supermarché. Tout est à portée de main. Quelques messages échangés par mail en sirotant une bière, et me voici invité chez un type dans la ville de Kaunas en Lituanie.

La soirée, on la passera à sillonner la ville et ses alentours à vélo, avant d’aller boire quelques bières avec des amis à lui aux abords d’une usine désaffectée. Une tranche de vie parmi tant d’autres… Tuchkus m’aura fait partager un fragment de la sienne, l’espace d’un soir.

Il me faut ensuite songer au week-end. Le plan initial était de rejoindre Riga en Lettonie. Cela sera finalement dans une forêt aux alentours de Trakai que je le passerai, lors du festival de Swampy. La foule n’est pas au rendez-vous, mais les artistes s’en donnent à cœur joie, occupant la scène nuit et jour sans interruption.

P1100898Cette fois ci les festivaliers auront eu de la chance : un temps superbe la journée du samedi, avant l’arrivée de la pluie battante le dimanche après-midi. Pluie qui s’installera sur l’ensemble des pays baltes jusqu’à la Russie, et qui dure encore et encore jusqu’à mon entrée en terres russes….

On commence à se rapprocher du nord et ça se ressent, le soleil se couche de moins en moins tôt et les nuits ne sont plus vraiment noires. Ce soir c’est soirée mexicaine en compagnie de Marys et sa famille, mais aussi de Thomas, venu tout droit de San Diego avec les valises remplies de Tequila. Les bouteilles tombent au fil de la soirée, les fajitas se succèdent, le père sort un whisky canadien. Le lendemain risque d’être difficile pour ceux qui travaillent…

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Cela fait maintenant 3 jours qu’il pleut sans interruption sur tout le pays. Après mon dernier trajet en stop de plus de 650 km à bord du même véhicule entre Villnius et Tallinn, je préfère me rabattre sur le bus pour la fin de ce voyage vers la Russie. Marys me dit que ce n’est vraiment pas gagné de trouver une voiture entre Johvi et St Petersburg, et vu le temps qu’il fait dehors, elle s’abstiendrait.

Ce voyage en stop s’achève donc, après plus de 1500 kms entre Berlin et Tallinn. Je suis loin d’être arrivé à destination, mais après tout, le voyage n’est-il pas le trajet en lui-même et non pas la destination ?

Mon itinéraire depuis ce début de voyage

2 thoughts on “Le grand départ !

  1. Ca commence superbement bien. A ton retour, tu pourras écrire ton livre de voyage. Tu as une très belle plume. Et les quelques photos que tu as posté son très alléchante. Vivement la suite.

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