Philippines

Drapeau Philippines

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Manille
LANGUE: Filipino, Anglais
REGIME POLITIQUE: République
POPULATION: 98,39 millions
DEVISE: Peso philippin (₱)
PIB / Hab: 2 700 $

 

 

 

 

 

“Putain mec ils sont tous parti ! Réveilles-toi on s’est fait piquer tout notre fric !!!”

Ainsi furent les premiers sons que j’entendais à mon réveil sur les coups de 6h00.
Lorsque j’entends Tristan prononcer ces paroles je tente de me lever et m’écroule sitôt sur le sol de la chambre d’hôtel.
La drogue fait toujours effet semble-t-il…
GHB ? Sédatif ? Somnifère ? Un peu des trois ? En tout cas mes souvenirs sont flous et nous ne nous sommes aperçus de rien dans la nuit.
Nous avions pourtant ouvert nos bière nous-même et manger la même nourriture que nos “hôtes”. Quoiqu’à y repenser il y avait bien ces mangues. Les meilleures que j’ai pu goûter durant tout mon séjour en Asie. J’en ai mangé des tas, et c’est vrai que je n’ai pas souvenir de voir nos amis d’un soir en consommer.

Johny John Shaman

Crédits: Tristan

Nos reins sont encore en place, ainsi que nos appareils photo, ordinateur et autre téléphone portable.

Ça aurait pu être bien pire, mais à dire vrai nous n’avions pas imaginé un seul instant ce type de scénario pour notre arrivée aux Philippines. Manille que nous voulions fuir dès le premier soir nous aura finalement happés plus longtemps que prévue.
Pour le meilleur et pour le pire ! 

La dame âgée de 60 ans et sa prétendue nièce faisaient bonne figure lorsque Tristan les rencontraient en m’attendant.
Nous étions loin de nous douter de leurs intentions lorsque nous les rencontrions de nouveau “par hasard” dans les rues de la capitale quelques heures plus tard. Un scénario bien ficelé.
“- Où allez-vous comme ça ?
– On va prendre le bus de nuit pour Banau. Il part à 21h.
– C’est vrai ? Nous y allons également. Si ça vous dit on peut vous emmener on a encore de la place dans la voiture”

A ce moment-là nous discutons déjà depuis plusieurs minutes, et Tristan a déjà parlé un moment avec elles plus tôt dans l’après-midi.
Elles ne sont donc plus cataloguées comme parfaites inconnues à nos yeux.
“- Pourquoi pas. Combien ça nous couterait ?
– On y va de toute façon. On aura qu’à partager les frais d’essence. Par contre nous ne partirons que vers 23h afin d’éviter le trafic dense de Manille et ses bouchons”
Tristan me regarde. Nous n’avons pas encore de ticket, et cette occasion pourrait être une bonne opportunité pour en apprendre davantage sur le pays. L’aventure quoi!
“- Ok on vient avec vous.
– Très bien. On va d’abord prendre un taxi pour aller chercher nos affaires et récupérer les autres passagers. Vous avez dîné ? Ils servent à manger à notre hôtel si vous voulez
– C’est partit on vous suit”

Droit dans la gueule du loup!

Retour en stop après le trek dans les rizières

Retour en stop après le trek dans les rizières

La soirée suit son cours. On apprend des tas de choses sur les Philippines, et les autres passagers sont également très accueillants.
De plus tout le monde parle très bien anglais, ce qui facilite grandement les échanges. Un grand changement après des mois dans ces pays asiatiques où l’anglais est très peu parlé.

A ce moment de la soirée –peut-être 22h- nous ne savons pas si nous avons déjà consommé la drogue. Surement. En tout cas elles n’ont pas menti sur les bouchons!

Notre théorie ? La dose n’est pas assez forte, et nous restons conscients. Cependant rien ne semble nous choqué.
“- Tiens c’est bizarre on est déjà passé trois fois ici en taxi
. . .
– Tu veux un massage ?
– OK pourquoi pas
– Enlève ton t-shirt et ton pantalon
– OK
. . .
“-  La voiture a un soucis on ne partira pas avant 5h du matin. Désolé.
– OK pas de problèmes
– Vous pouvez vous reposer dans la chambre il n’y a pas de soucis
– OK merci”

En y repensant des jours après, il est clair que nous étions déjà bien entamés en fin de soirée.
GHB + alcool = cocktail explosif. Rien ne parait bizarre, et la victime dit Amen à tout.

Tristan qui est moins dans le coaltar que moi au réveil prend les commandes et nous conduit au bus pour Banaue. De jour donc. De cette journée je n’aurai que de bribes souvenirs. Juste un stop pour gouter à la fantastique gastronomie des Philippines : un hot dog et un hamburger à 35 pesos. Le reste des 9h ? Nada !
Le plus perturbant/terrifiant dans cette histoire ? On en a plus appris sur le pays, ses traditions et sa géographie en l’espace de quelques heures avec ces femmes que dans tout le mois sur place.
Vite. Oublier toute cette histoire. Ne plus y penser et aller de l’avant, sans quoi le séjour est foutu et on risque de basculer dans la parano et ne plus faire confiance à personne.

Les magnifiques paysages de Batad et ses environs dans le nord de Luzon nous font vite oublier l’incident.

Les rizières en terrasses de Batad

Les rizières en terrasses de Batad

C’est en crapahutant au milieu des rizières que nous découvrons cette splendide région lors d’un trek de deux jours. Depuis des millénaires la main de l’homme a su dompter la nature et sculpter un paysage unique en son genre : des rizières en terrasse vert émeraude, soutenues par des murs de boue.
Un spectacle fascinant à contempler des heures durant.

Les montagnes épineuses culminant à environ 2900 m de la Cordillère nous émerveillent, et les cercueils suspendus de Sagada ajoutent une touche de mysticité à la région.
De Banaue à Baggio le paysage se fait de plus en plus spectaculaire et la route serpentant le long de la Cordillère est de toute beauté avec ses cultures en terrasses à perte de vue. Des choux, des potirons, du riz, etc.
La culture en terrasse est devenue dans la région une institution.
Le trajet est long mais l’intégrale de Scorpion nous accompagne, suivit de la diffusion d’un blockbuster américain en VO à la TV. On est loin des Bollywood à l’eau de rose et des karaokés à plein volume des bus birmans…


16 mars 1521 :
Fernand de Magellan accoste à Samar et revendique les îles pour la couronne espagnole. Il commence alors l’enseignement du catholicisme aux îliens et réussit à vaincre divers chefs tribaux. Legazpi arrivera plus tard pour terminer le travail, là où Magellan avait échoué tué d’une balle à Cebu.
15 juin 1991 :
Le mont Pinatubo entre en éruption et projette une colonne de cendres et de roches à 40 kms dans les airs. La base américaine de Clark et la ville d’Angeles se retrouvent sous une fine couche de poussière et de roches. Le sénat philippin vote alors la fin de la présence américaine aux Philippines.

Lorsque l’on arrive aux Philippines on perçoit clairement ces deux influences, ce mix américano-espagnol :

Une église parmi tant d'autres...

Une église parmi tant d’autres…

D’une part l’influence espagnole laissée par Magellan et sa bande il y a plusieurs siècles.
Puerto Princesa, El Nido, Negros, etc. Autant de noms aux consonances espagnols. La langue locale sonne d’ailleurs elle-même très espagnole. Perturbant pour un pays asiatique.

Lorsque l’Espagne colonisa le pays au XVème siècle, cela marqua l’arrivée du catholicisme et très vite tout l’archipel fut christianisé.
Pendant qu’en Birmanie les pagodes poussent sur chaque colline et montagne, et qu’en Thaïlande les temples et Boudhas sont monnaie courante, ici aux Philippines ce sont les églises qui envahissent le pays avec plus de 85% de chrétiens. Le soir tout le monde va à la messe et lors de la semaine sainte autour de Pâques, c’est tout le pays qui tourne au ralenti.
Les codes de wifi ne sont plus “Starbucks”, “SmilyFace” ou “123456789” mais “Godspeed”, “LordIsAll” ou encore “JesusIsGood” !

Jeepney typique

Jeepney typique

Et puis d’autre part l’influence américaine lorsque ces derniers rachetaient le pays aux espagnols en 1898 en même temps que Puerto Rico.
Lors de leur passage le taux d’alphabétisation passa d’un pourcentage presque nul à près de 50% et 27% de la population parlait alors anglais.
Et puis le pays ne serait rien sans l’un de ses emblèmes, le Jeepney. A savoir de gros taxis collectifs aux couleurs colorés et au look d’enfer!

Dans le bus, défile sous nos yeux une myriade d’enseignes de fast foods.
Angel’s Burgers, Jolibee, Mc Donalds, Mister Donut, Dunkin Donuts, etc… A chaque stop des hot-dogs et des donuts à toutes les sauces.

Le sport national? Le basket naturellement. Des terrains absolument partout, dans chaque école, à chaque coin de rue, sur les plages. Dans les petites rues perdues dans les campagnes on se surprend à trouver un panneau de basket directement sur la route.

Quelque part dans l'archipel des Bacuits

Quelque part dans l’archipel des Bacuits

C’est à Palawan, l’île la plus à l’est de l’archipel, que notre aventure se poursuit. La plus sauvage et la moins peuplée du pays. Pour la découvrir nous louons chacun une moto et partons plein nord en direction d’El Nido.

En chemin le snorkeling dans les îles de la baie de Port Barton est une expérience incroyable. Les fonds marins sont sublimes, des coraux de toutes les couleurs et intactes. Un régal pour tout amateur de vie sous marine.
La route quand à elle est parfaite pour de belles courbes sans traffic.Les 400 kms passent comme une lettre à la poste.

Un bon spot de snorkeling

Un bon spot de snorkeling

Et le rêve éveillé ne fait que commencer! D’El Nido nous partons en Banka explorer l’archipel des Bacuits sur trois jours complets.
Au programme kayak dans les lagons, snorkeling dans les eaux turquoises, volley improvisé sur les plages désertes, poisson frais au barbecue et Rhum Tanduay pour l’apéro.

Les paysages karstiques rappellent beaucoup ceux de la région de Krabi en Thaïlande, les touristes en moins…
Une dizaine de jours bien trop courts qui prennent fin à l’aéroport de Puerto Princesa lorsque Tristan repart en France et que j’embarque pour Cebu City.
Un chapitre se termine, un autre commence…

Plein gaz sur Long Beach près de San Viciente

Plein gaz sur Long Beach près de San Viciente

Les douze derniers jours je les passe à découvrir seul la région des Visayas, cœur géographique des Philippines.
Un bref aperçu de l’île de Negros avec ses Twin Lakes et la paisible Dumaguete en bord de mer. Une séance de snorkeling avec les requins baleines d’Oslob. Trois jours à nager avec les tortues et à plonger dans les récifs coralliens de la minuscule île d’Apo. Parcourir à moto les îles de Siquijor et Bohol l’espace d’une semaine.

Le tarsier, emblème de Bohol

Le tarsier, emblème de Bohol

A Bohol je fais la rencontre des tarsiers, ces minuscules petits primates aux yeux énormes -mignons mais pas très actif la journée- avant de contempler le paysage magique des Chocolate Hills, ces étranges formations de collines virant aux couleurs marrons en saison sèche.

Sur l’île d’Apo je m’essaie à la plongée dérivante. Le principe? on plonge du bateau et on se laisse dériver à 20 m de fond avec le courant avant de resortir 50 minutes plus loin. Une sacrée expérience!
Première plongée de nuit pour mon dernier soir, je commence à devenir accroc à ce sport!

A Siquijor on se gave de poisson et de brochettes de viande en bord de mer dans les boui boui locaux, en écoutant au loin le karaoké qui diffuse les Spice Girls et autre Barbie Girl. Un grand saut dans les années 90!

Le séjour dans les Visayas, -et aux Philippines par la même occasion- termine en beauté mon séjour chez les philippins.
Je ne pouvais cependant quitter le pays aux multiples désastres naturels sans une alerte au typhon. Maysak, un monstre ressemblant à un trou noir sur les clichés de la station spatiale est annoncé pour ce week-end. Il devrait passer dans le nord de Luzon dimanche, jour de mon avion. Heureusement je pars de Cebu, mais dormir dans une maison de Bohol ravagée par le typhon de 2013 n’est pas là pour me rassurer…

Chocolate Hills de Bohol

Chocolate Hills de Bohol

 

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