Chine: L’empire du milieu

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Pékin
LANGUE: Chinois mandarain
REGIME POLITIQUE: République
POPULATION: 1,498 milliards
DEVISE: Yuan (CNY)
PIB / Hab: 8 600 $

15h45 : Cela fait déjà plus de 7 heures que le désert défile sous mes yeux. Paysage monotone s’étendant à perte de vue dans lequel serpente le Trans mongolien. le Gobi semble s’étendre à l’infini le long des rails. Espérons que le lait que tous ces gens lançaient sur le quai au départ sera nous porter chance dans ce voyage de 28 heures.
Dans ma cabine, je ne suis plus le seul occidental comme ce fût le cas en Russie, mais je la partage avec trois autres européens- Une allemande commençant un périple de 4 mois en Asie du Sud-Est, et deux suédois rejoignant Chengdu pour commencer un semestre en économie– Les heures passent, et je finis par leur enseigner l’art du Durak, histoire de tuer le temps les quelques prochaines heures.
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19h00 : Nous sommes à la ville frontière, et interdiction de descendre du train. Six heures plus tard, un nouveau tampon et un ajustement des essieux permettant de s’adapter aux rails chinois, nous repartons.
C’est de nuit que je fais mon entrée en Chine, et il semble que nous soyons toujours dans le désert lorsque je me couche après cette interminable attente au poste frontière. Mais dès le réveil, ce sont de magnifiques paysages qui défilent devant la fenêtre de ma cabine. De majestueuses montagnes en toile de fond, traversées par de petits villages pittoresques et percées de tunnels ici et là. Une rivière serpente le long de ces massifs montagneux, et les couleurs rayonnent sous un soleil de plomb.
C’est une Chine rurale et étincelante qui s’offre à moi pour la première fois. Mais après quelques heures, c’est un changement brutal de décor. Un épais nuage commence à flotter dans l’atmosphère au loin , et les usines et autres centrales électriques ont remplacé les montagnes et rivières. Pékin la capitale chinoise semble se dessiner à l’horizon…
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Arrivée à la gare centrale, la découverte de ce gigantesque pays hors normes peut débuter; et c’est avec plein d’entrain que je me dirige à pieds vers l’adresse que m’a indiqué Carl dans son dernier email.
Aucune analyse cette fois-ci.Uniquement observation et contemplation. J’admire le spectacle qui s’offre devant mes yeux, mes oreilles se laissent imprégner de l’atmosphère, et mon odorat se laisse charmer par toutes ces nouvelles senteurs. Une véritable explosion de chaque sens.
Cette étape est celle que je préfère lors de l’arrivée dans un nouveau pays ou une nouvelle ville : les toutes premières heures à marcher. J’essaie toujours d’éviter les taxi ou le métro.Toujours à pieds, histoire d’avoir un premier aperçu des lieux et me perdre un peu en me laissant aller à mon instinct. Il parait que les premières impressions sont toujours les bonnes?

Temple des Lamas. Pékin

Premier constat: la Chine est un pays bien a part. Tout comme sa petite sœur l’Inde, c’est est un pays gigantesque, extrêmement peuplé, et où le choc des cultures est immense.

A chaque coin de rue de nouvelles choses étranges se passent sous nos yeux ahuris d’occidentaux. Partout où je vais, le touriste chinois est là, appareil photo au poing, mitraillant paysages et famille à n’en plus finir. Car non l’image du chinois photographiant tout se qu’il voit à une vitesse ahurissante n’est pas un mythe. Des selfies à n’en plus finir; devant les montagnes, les monuments, les pancartes, les bars, à peu près tout et n’importe quoi. Moi aussi j’aime prendre des photos, mais alors la c’est violent.

Oui la Chine est un pays différent, où l’on se ballade le long des rues en subissant de manière continue le bruit immonde des raclements de gorge que font les hommes avant de cracher un truc dégueulasse sur les trottoirs.

 

Puis on monte dans un métro et on tombe nez à nez avec une chinoise hurlant dans son téléphone, tandis que les autres voyageurs restent hypnotisés devant la lumière de leur téléphone.
Où que l’on aille, c’est le même constat: la foule. Un conseil si vous êtes agoraphobe: ne mettez pas les pieds en Chine.

Les promenades dans les parcs tôt le matin résument à elles seules le mode de vie des chinois. Actif est le mot d’ordre pour tous.

A chaque coin du parc, des personnes âgées font leur exercice matinaux, pendant que d’autres chantent des chansons ou joue de leur instrument. Partout des gens dansent, rythmant leurs pas au son de la musique. Plus surprenant, certains se tapent violemment sur les cuisses de manière répétée.

Un peu plus à l’écart, d’autres chinois pratiquent le tai-chi. Un autre est assis seul sur un banc: il chante à gorge déployée et semble nous dire “J’aime la vie”. En Chine on ne flanne pas dans le parc. On est actif.
Les chinois ont ce besoin d’être actif. Il semblerait que l’hygiène de vie et la santé sont primordiales dans leur mode de vie.

La religion joue aussi un rôle important dans le cœur des chinois. Mais on ne peux s’empêcher de sourire lorsque, à l’ouverture des portes du temple, ils courent vers le guichet afin d’entrer les premiers dans l’enceinte du temple et faire leurs prières.

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La Cité Interdite

Je dois l’admettre, je suis agréablement surpris dès ma première heure passée dans la capitale. Je m’attendais à quelque chose dans la même veine que New Dehli ou Bombay en Inde ; Bruyant et sale, bordélique et non organisé avec des embouteillages monstres. C’est finalement dans une atmosphère très paisible que je rejoins tranquillement et en une petite dizaine de kilomètres les quartiers nord de Dongchéng.
C’est ici que Carl vit depuis cinq ans avec sa femme, ainsi que leur petite fille de deux ans. Situé au dernier étage d’une résidence en plein cœur des hutongs, l’emplacement est idéal, et c’est à vélo qu’ils m’emmènent à la découverte du quartier et de ses alentours.

Un premier repas sur leur terrasse suivit d’une tournée des bars avec Carl commencent ce séjour pékinois de la meilleure façon possible. Rencontre avec quelques personnages extravagants-comme ce français/chinois vivant en Chine depuis 10 ans sans visa (soit disant), musicien/écrivain publiant des articles pour le Monde, originaire de Clermont et donnant des interviews avec Zidane– dans le centre culturel et historique du Pékin traditionnel.
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L’atmosphère dans les ruelles est irréelle. Une espèce de brume planant sur la capitale, la lueur des lampadaires et autres lanternes lui donnant cet ambiance mystique et pleine de mystères. On va de bar en bar, nous délectant de diverses bière et cocktails, allant au gré des rencontres et zigzagant entre les vélos et voitures… Pas un bruit, la plupart des deux roues sont électriques. Ecologie? Je ne crois pas. Simplement qu’il n’y a pas besoin de permis pour conduire les véhicules électriques. Alors par contre attention la conduite. Pas vraiment de règles pour les deux roues, ça va dans tous les sens. Et comme partout en Asie, ce n’est pas parce que l’on est sur un passage piétons que l’on est protégé.

Une courte nuit et une gueule de bois plus tard,  nous nous occupons de la logistique pour mon séjour chinois. Carte SIM, accès VPN pour accéder aux services Google, etc… avant d’aller déguster un délicieux canard laqué dans l’un des restaurants chics de la ville.
Ici le canard est découpé devant le client, tout en prenant soin d’extraire délicatement la peau croustillante. Un véritable délice, dégusté de façon traditionnelle, c’est à dire accompagné de sauce et de légumes crus dans de petites crêpes.

 

Première bataille avec les baguettes chinoises, mais comme le dit si bien Carl : en Chine soit tu t’habitues, soit tu crèves de faim !

Poitrines de porc !!!

Et puis Carl a une passion. Il s’est mis il y a quelque temps déjà dans la production de bacon qu’il revend à des restaurants et autres épiciers. Aujourd’hui, ce n’est pas moins de 80 kilos de poitrine de porc qu’il reçoit directement à la “Kitchen”, son laboratoire qui lui sert à expérimenter de nouvelles recettes et à la production du bacon et de leur relish fumé.
On a trouvé un bon deal : Je lui apprends quelques astuces avec Sharepoint, et lui m’apprend à faire du bacon. Tout le processus, de la saumure au fumage dans le four qu’il a fabriqué, et jusqu’au scellage sous vide. Evidemment le lendemain matin, c’est bacon et pancakes au petit déj !

 

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Mais un séjour à Pékin ne pouvait être complet sans un tour sur la grande muraille de Chine.
Huitième merveille du monde, ce colossal édifice de plus de 20 000 kms de long (à l’époque) construit il y plus de 2 000 ans reste encore aujourd’hui un monument extraordinaire, à la gloire de la défense nationale. Une prouesse qui montrait déjà à l’époque la puissance de l’empire envers ses voisins.
Sur le papier on reste d’abord sceptique devant ces chiffres astronomiques, on ne se rend pas compte. Mais une fois sur place, on comprend la folie militaire de l’époque. Un gigantesque mur perché, serpentant de crêtes en crêtes dans les montagnes sur des dizaines et des dizaines de kilomètres. A perte de vue. Pour l’apprécier à sa juste valeur, je partais explorer un tronçon non restauré situé à une soixantaine de kms de la capitale.

Lors de l’approche de la montagne menant à l’une des tours de garde, quelques panneaux mettent en garde le touriste égaré : “This section of the great wall is not open to the public”. Heureusement d’autres voyageurs m’avaient prévenu, et en effet une centaine de mètre plus loin : “Take nothing but photographs. Leave nothing but footprints. Keep the wall wild and wonderfull !”. Personnellement je prends ça comme une invitation à l’exploration de la zone.
Un épais voile de nuages et de pollution couvre toujours le ciel. Mais après un court instant à marcher en pleine jungle, je ressens une goute. Serait-ce bien des nuages et pas seulement de la pollution au-dessus de ma tête ? On a du mal à discerner les deux après ces quelques jours dans la capitale où règne une pollution monstre, mais cette fois-ci je crois bien que c’est un orage qui se prépare. Je continue mon ascension, trempé après seulement quelques minutes. La pluie de plus en plus forte finit par cesser, et j’arrive péniblement à la tour de garde après m’être perdu un bon nombre de fois à travers cette jungle épaisse.

Je n’ai croisé personne depuis le début de mon ascension, et qu’elle n’est pas ma surprise lorsque je tombe nez à nez avec ce vieil homme au sommet, me demandant 5 CNY afin d’utiliser son échelle en bois. L’homme propose également toutes sortes de rafraîchissement et de biscuits.
La chine n’aura décidément pas finit de me surprendre!

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La section non restaurée

 
Le soleil ne se décidant pas a apparaître et la brume persistant, je pars marcher une petite demi-heure sur la muraille, avant de trouver refuge dans une des nombreuses tours de garde.
Quelques bougies disposées ici et la, me voici bien installé, près à passer la nuit tel un guetteur d’en temps.
La muraille est plongée dans la nuit noire, mais je peux déjà apercevoir la pleine lune ainsi que quelques étoiles. Peut-être demain sera-il un jour meilleur?
Et en effet, après un lever de soleil magnifique sur les montagnes, le soleil inonde la grande muraille de ses rayons lumineux et chauds. Un grand ciel bleu comme je ne l’avais encore jamais vu depuis mon arrivé à Pékin. Sur cette partie de la muraille la nature a reprit ses droits, et par moment il est même devenu difficile de l’apercevoir, mais on la devine. Je continue ma marche jusqu’à la partie restaurée de la muraille, du coté du Mutianyu, puis continue encore quelques heures jusqu’au prochain village derrière la montagne.

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La section restaurée

 

Après une visite de la cité interdite et du palais d’été, je pars pour Shanghai, capitale économique et ville la plus peuplée de Chine.

J’ai mis du temps à me décider à passer par Shanghai ou non. Et puis je me suis dis qu’après tout, ça pouvait être intéressant de voir le contraste entre ces deux grandes villes. D’un coté Pékin et ses hutongs, de l’autre Shanghai et ses immenses grattes ciel.
Pour mon séjour, j’ai trouvé un couchsurfeur qui a accepté de m’accueillir pour les 3 prochaines nuits. J’ai de la chance c’est un local, et il m’emmène à la découverte de la ville et de la gastronomie locale.
Dès le lendemain matin, je pars seul à la découvert de la ville, en commençant par l’artère principale: Nanjing Road. Sur le boulevard, deux jeunes chinoises m’accostent pour les prendre en photo. On sympathise et on discute pendant 10 bonnes minutes. Fermée la veille, elles retournent ce matin apprécier une dégustation de thé servie de manière traditionnelle et me propose de me joindre a elles. Pourquoi pas? Ça fait du bien de rencontrer des chinois parlant anglais, et pourquoi pas voir a quoi ressemble cette “Tea Performance”.

Les thés se suivent et ne se ressemblent pas, et le show s’achève. L’addition arrive:
“Félicitation, vous venez de vous faire arnaquer en beauté !”
1200 CNY d’addition pour trois, soit plus de 45 euros de ma poche pour 6 malheureux shots de thé.
Je me sépare de mes “nouvelles amies”, et trace ma route. Quelques minutes plus tard, je me fais accoster par près de cinq autres groupes de jeunes en l’espace d’une heure le long de East Nanming. Toujours la même histoire de thé. Je les écoute attentivement à chaque fois, avant de leur demander combien de personnes ils ont arnaqué aujourd’hui. Et immanquablement ils ne comprennent tout à coup plus mon anglais, et finissent par me dire de partir avant de clore la discussion en insultes. Triste jeunesse. Jason me dira que ces arnaques sont monnaie courante sur l’avenue, qu’il avait oublié de me prévenir. Remarque si j’avais été malin…
Je ne comprends toujours pas comment j’ai pu me faire avoir aussi facilement. Mais après 10 jours en Chine sans vraiment pouvoir communiquer avec les locaux, je suppose que j’étais simplement content que quelqu’un parle anglais et se mette à discuter un peu avec moi dans la rue.

Après avoir parcouru la ville de long en large, passé un peu de temps dans le quartier des concessions françaises où l’on se sent de nouveau en Europe, et dans le vieux Shanghai qui à mon avis est le plus appréciable et authentique, je rentre chez Jason. Ce soir il m’emmène dans un restaurant sichuanais près de chez lui, et les sujets de discussion fusent dans tous les sens.
– Comment ça se passe en France lorsque tu veux rencontrer une fille?
– Tu peux en rencontrer dans les bars, les festivals, les clubs, à des soirées chez des amis, ou même sur internet ce qui se fait de plus en plus.
– A des soirées chez des amis ? parce que tout le monde ne se connait pas dans ces soirées?
– Non pas forcement. Ca permet justement de rencontrer de nouvelles personnes des fois.»
– C’est trop bizarre. Si on va chez quelqu’un et que l’on ne connait pas les gens on s’ennuie vite non?!
– Bah non justement. On fait connaissance, et on découvre de nouvelles choses.
Et vous ca se passe comment ?
– A Shanghai, on peut accrocher son profil avec ses infos, numéro et photo sur un arbre à People Square. Mais pas sur internet, on ne fait pas trop confiance.

S’en suivent des conversations plus incroyables les unes que les autres. Jason pratique le couchsurfing, ce qui en fait une personne très ouverte pour un chinois comme il me dit. Mais quelle différence de culture néanmoins ! Pour lui tous les blancs se ressemblent. Comment reconnaitre un allemand d’un roumain ? Un français d’un italien ? On finit par se mettre d’accord que pour nous tous les chinois se ressemblent et que pour lui tous les occidentaux se ressemblent.
– Si je vais en Europe, où est-ce que je peux voir des blonds aux yeux bleus ?
– En général c’est plutôt dans les pays nordiques, mais bon j’en connais moi-même en France aussi.
– Et des gens aux yeux verts ? »
– Je sais pas. Un peu partout j’imagine.
– Comment ça ? Ce n’est pas spécifique à un pays en particulier ?
– Non tu peux en trouver partout.
– Mais pourquoi ? Comment c’est possible?
– Je sais pas. Mélange des cultures j’imagine…
– C’est trop bizarre !

Quartier du vieux Shanghai

Et quand je lui annonce qu’en Europe il y a plus de 20 langues parlées, c’est le choc.
– Comment c’est possible ? C’est trop bizarre ! L’Europe c’est petit, comment il peut y avoir autant de langues ? Et puis pourquoi vous ne faites pas un seul pays pour l’Europe ? L’Europe unis par exemple !
– Mais c’est ça qui est intéressant en Europe. La différence des cultures. Chaque pays a ses coutumes, sa gastronomie, ses spécificités, etc…
– Ok. Du coup si je veux visiter l’Europe, 3 mois ça suffit ?
– Euh… Oui si tu veux. Mais ça serait un peu dommage. Ou alors sélectionne juste quelques pays.
– Mais les villes, c’est un peu toutes les mêmes non ?
– Non ça peut être très différent. Et surtout il n’y a pas que les villes. Il y a les montages, les plages, les campagnes, etc…

Wep. Un bon choc des cultures comme on les aime. Mais le dialogue fut vraiment passionnant, d’échanger sur tous ces sujets, de voir le point de vue d’un chinois qui ne connait quasiment que son pays. La censure de du pays y doit surement y être pour quelque chose…

C’est la tombée de la nuit et Shanghai s’éveille. Les rues se noircissent de monde peu à peu, les bars se remplissent, les gens passent à table, et les grattes ciels se mettent à briller de mille feux. Un tour sur le bund et le long de Nanjing Road suffit à prendre la température, et à surtout prendre son bain de foule quotidien. 24 millions de chinois  qui déambulent autour de soi, ce n’est pas rien.

Un saut rapide dans la ville des canaux de Zhujiajiao, et je laisse à présent les grandes villes de coté, et pars m’enfoncer dans l’intérieur de la Chine, à la découverte de montagnes et des campagnes.

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Vue de Pudong, by night

Mother Russia

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Moscou
LANGUE: Russe
REGIME POLITIQUE: République fédérale
POPULATION: 143,5 millions
DEVISE: Rouble Russe (RUB)
PIB / Hab: 14 037 $

La pluie n’a quasiment pas cessée de tomber ces deux derniers jours… Lorsque j’attendais à Vilnius j’avais eu de la chance car c’était une fine pluie, mais  depuis hier c’est le déluge !  C’est donc en bus que je décide de rejoindre la Russie, sous les conseils de Maris.

Après quelques heures, nous arrivons devant un panneau. « Россия » indique la pancarte. Ca y’est nous sommes à la frontière. Un premier policier monte et récupère les passeports de tous les passagers. Il nous les rendra 15 minutes plus tard… sans tampon. On avance 100  m plus loin et cette fois-ci tout le monde descend du bus. En file indienne, chacun passe à la douane et tend son passeport ; pas un seul mot échangé avec mon interlocuteur, uniquement trois allers retour entre mon visage et la photo imprimée sur mon passeport. Un coup de tampon. C’est bon, je suis admis sur le territoire!  Dernières vérifications avers le portique de sécurité: un chien renifle les sacs de chacun. Une fois de retour dans le bus, je ne vois personne manquant à l’appel. 100 m plus loin, dernière vérif : un policier remonte dans le bus et vérifie que les visas tamponnés. Pas d’embrouilles cette fois-ci, le roi Poutine nous laisse pénétrer sur les terres de son royaume.

C’est ainsi que s’ouvre à moi les portes du pays le plus vaste de la planète : 143 millions d’âmes éparpillées d’est en ouest sur plus de 9000 kms. Un pays entre Europe et Asie.
30 jours risquent d’être bien trop peu pour découvrir un pays d’une telle immensité ! Je ne me pourrai hélas me limiter qu’aux principales villes et au lac Baïkal pour ce séjour.

C’est à Saint Petersburg que je commence mon voyage au royaume des tsars.  Surnommée « capitale du Nord » par les russes, c’est une ville pleine de charme et au caractère très européen que je découvre au fil de mes journées. Une semaine complète à découvrir la vie saint-pétersbourgeoise.
Quel plaisir de se promener au milieu de ces magnifiques palais et le long des différents canaux en allant d’île en île. En effet la ville est construite sur l’eau, et ce n’est pas pour rien que certains la surnomme la Venise du Nord. J’erre au gré de mes envies au fil des jours, parfois suivant les traces de Dostoïevski dans les anciens quartiers populaires de Kolomna, parfois explorant l’île de Vassilevski avec mes amis russes, ou tout simplement à flâner le long de Nevski Prospekt, l’artère principale de la ville.

Mais Saint-Pétersbourg c’est aussi une ville culturelle par excellence ! Après quatre jours consacrés à visiter la ville et explorer ses différents quartiers, je me devais de consacrer une journée au fameux musée de l’Hermitage. Situé en bordure du fleuve de la Neva, ce dernier est le plus grand musée du monde en termes d’œuvres exposées ; il paraîtrait même que si l’on devait rester une minute devant chacune des œuvres, il nous faudrait plus d’une vie entière pour tout voir…

Déambulant sur deux étages, Klaus Schulze m’offre un voyage intérieur et contemplatif à travers les âges et différents mouvements de la peinture… Impressionnisme, surréalisme ou encore cubisme, les plus belles toiles des grands maîtres hollandais et français sont exposées ici. Je reste fasciné devant certaines œuvres de  Paul Cézanne, et fais de belles découvertes comme avec le peintre Othon Friesz. Le musée en lui-même est une véritable œuvre d’art. Je termine la visite avec un petit tour au rez-de-chaussée afin de contempler la collection d’Égypte ancienne et de la Rome Antique.
Il est déjà 18h, et le soleil est réapparu. C’est avec des images encore plein la tête que je retourne tranquillement chez Tata et Ivan.

Hermitage

Hermitage

Ce soir Tata nous a confectionné un plat traditionnel russe : l’okrochka, qui est une soupe froide russe, composée de légumes crus, de pommes de terre, d’œufs durs et de viande, le tout baignant dans du kvas, cette boisson fermentée et gazeuse.

Ce dernier est fabriqué par fermentation naturelle du pain avec du blé et c’est la boisson nationale en Russie depuis le XVIème siècle. Étonnant est le mot qui me vient en premier à la bouche !

Beaucoup de monde ce soir à la maison. Un couple d’amis : Sergei et Alexander, une française rencontrée sur place, un autre ami russe…
Il est maintenant 23h, on a bien mangé bien bu, et Ivan propose une petite promenade en ville.
– Une promenade digestive ? Je demande
– Non on va juste acheter de l’herbe et des bières !
– Ah pardon… et de la vodka ?
– Non on ne boit pas vraiment de vodka en général… Mais si tu veux demain on en achètera !
Et en plus il y a la queue sur le trottoir! Et oui finalement la Russie c’est un peu comme chez nous, à part qu’on parle russe et que c’est écrit en cyrillique… “Na zdorovje !!!”
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Communisme vous avez dit ? Surement oui. Après tout, c’était l’URSS ici avant. Il suffit d’aller faire un tour au marché Oudelnaya au nord de la ville et vous pourrez débusquer de vielles reliques datant de l’époque soviétique. Une vraie mine d’or pour tout collectionneur ! Une balade dans l’est de l’île Vassilevski  et vous tomberez nez à nez avec d’imposants bâtiments désaffectés. Mais le capitalisme n’est jamais bien loin… Ne serait-ce pas un énième Burger King au coin de la rue ? Tiens et de l’autre côté de la rue n’est-ce pas un Mac Donald. Et là-bas au loin, mais oui on dirait bien un café Starbucks à côté d’un hôtel Marriott. Maman si tu me lis, je pense que tu ne reconnaîtrais pas le Saint Pétersbourg, pardon le Leningrad, que tu avais vu en 1967. Aujourd’hui on peut se promener partout et seul, sans être escorté par un guide. Après tout, Saint Pétersbourg, et surtout Moscou, rassemblement aujourd’hui sa dose de millionnaires et de nouveaux riches.
Mais attention lorsque vous voulez traverser une route. Passage piétons obligé et au feu vert sinon c’est le risque de l’amande! On ne rigole pas avec ca!
Homophobie ? Niet. Rien de tout ça dans la capitale du Nord. Un couple de lesbiennes se tenant par la taille dans la rue ça n’a pas l’air de choquer; nos deux amis Alexander et Sergei en sont un parfait exemple.
Et Poutine dans tout ça ? Aimé des russes ? Oui et non. « Avant tout le monde l’aimait bien, mais depuis l’histoire avec l’Ukraine ca a un peu changé. Disons que la plupart des russes sont pour le rattachement de la Crimée à la Russie, mais disons que la manière dont ca été fait…. Ça, c’est un peu moins bien passé… » Pour résumé: le fond d’accord, en revanche la forme…

Attention cependant! Ici je suis a Saint-petersburg, ce qui je pense est loin de refléter le pays dans totalité. Ça serait comme de dire je suis allé a Paris et j’ai vu la France…

Dernière journée à St Pet ! On part avec la même équipe passer le début de soirée au bord de la Neva sur Petrogradskaya. Chachliks, Viniegriet (salade de betteraves à la russe) et whisky au menu de ce soir. Il est déjà tard, minuit et le soleil continue son interminable descente… Nous sommes toujours dans la période des « White Nights » et le soleil ne se couche guère ces derniers temps. Fait assez troublant  lorsque vous sortez d’un bar à 1h du mat et qu’il fait toujours clair dehors ! Combien de temps ai-je passé à l’intérieur de ce foutu bar se dit-on ? Juste quelques heures…juste quelques heures…
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Sergei me prête son vélo et je pars avec Sacha (Alexander) pour une virée « nocturne » à travers le parc jusqu’à leur appartement.
Il est maintenant 1h passé et c’est officiel, nous ne pourrons pas rentrer ce soir chez Tata et Ivan. La raison ? Elle est simple: c’est physiquement impossible ! Durant la période estivale, tous les ponts de la ville s’élèvent pour laisser passer les bateaux entre 1h30 et 4h30. Il faudra donc patienter jusqu’au lendemain matin pour pouvoir rentrer à la maison.  Heureusement les gars ont prévu le coup et ils nous rejoignent avec une bouteille de vodka.
– Je croyais que vous ne buviez pas de vodka ?
– Oui mais tu es notre invité ! On se devait d’honorer notre pays !
– Da !
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Et c’est parti pour une soirée « à la russe ». Me voilà transporter dans un autre univers. Le leur. Ce soir il me joue la totale, avec musique russe traditionnelle… et musique russe un peu moins traditionelle ! Avec certaines déjà connu dans nos contrés… On discute de tout et de rien, la vodka coule à flot tandis que la musique continue de retentir dans l’appartement…
Tata, originaire de Sibérie, me conseille d’aller au lac Khovsghol. Ça serait une parfaite entrée pour la Mongolie me dit-elle. C’est un peuple à part, différent des mongols et des bouriates. Niet ! Cette frontière n’est hélas pas ouverte aux étrangers…
Il est bientôt 4h quand tout le monde part se coucher… Demain Ivan doit travailler, et j’avais prévu de visiter Peterhof, le Versailles russe ! La journée de demain va être longue… avant mon train pour Moscou qui est à 22h30

Il est 7h du matin quand j’arrive à la gare de Moscou. Le trafic est dense, les gens pressés, les boulevards gigantesques et les buildings imposants.

Moscou : capitale de la Fédération de Russie, 15 millions d’habitants, soit trois fois plus qu’à Saint-Pétersbourg.
Au premier abord beaucoup plus…russe que sa petite sœur du Nord. Quelques imposants bâtiments à l’architecture stalinienne tel que celui de l’université. Mais que vois-je la haut? mais oui l’emblème soviétique par excellence. La faucille et le marteau!

Moscou

Moscou


Je prends mon sac, enfile mes chaussures, et part à la découverte de cette géante, direction le nord-ouest de la ville où j’ai trouvé un couple de couchsurfers chez qui passer ces quelques jours.

C’est encore une fois à pieds que j’arpente la ville, découvrant le Kremlin et sa fameuse place rouge, la magnifique cathédrale Basile-le-Bienheureux à l’architecture si typique. Les belles voitures de sport sont légion dans la capitale, mais

Moscou a définitivement moins de charme que Saint-Pétersbourg aux premiers abords… et je ne changerai hélas pas d’avis après ces quelques jours passés à arpenter la capitale.
Trop grosse, trop de circulation, on se sent minuscule en tant que piéton, et on cherche le passage souterrain à chaque intersection.
J’ai tout de même tenté l’expérience du vélo. Tout d’abord sympatique le long de la Mosckova et dans le parc Gorki, mais vite un enfer et du suicide une fois en pleine ville au milieu de la circulation!

Place Rouge

Place Rouge

Mais il parait que c’est une ville parfaite pour la nuit. Et surtout une ville avec beaucoup d’histoire. Alors que sa petite sœur du Nord n’a que 300 ans, Moscou existait déjà au XIIème siècle. Les discothèques et bars sont légion dans la ville, et les soirées ne manquent pas… pour peu qu’on soit prêt à y mettre le prix !

Je passerai mon tour pour cette fois, et préfère m’évader pour le week-end vers un festival en forêt dans la région de Tvier, à 200 kms au nord de la capitale : le Forest Quest Festival.
Au revoir Marina, au revoir Aidan, et merci encore pour la délicieuse nourriture concocté chaque soir par Aidan, cet écossais expatrié de Glasgow à l’accent délicieux! Un régal…

Encore une fois merci aux réseaux sociaux, Dimitri me recontacte et accepte de m’emmener sur place en voiture. Et c’est finalement bien plus qu’un chauffeur que je vais trouver en la personne de Dimitri, mais un compagnon parfait pour une entrée directement dans l’univers d’une bande de copains russes. J’installe donc ma tente dans leur campement, où ils sont plus d’une dizaine à se réunir pour l’occasion.
L’endroit est idyllique, dans une forêt en bordure de la Volga. Le temps idéal… de belles journées en perspective !
En russe la vodka se boit en mangeant. Ce n’est pas comme du whisky ou du cognac m’explique Dimitri. La vodka ca n’a pas trop de gout, c’est donc parfait avec de la nourriture.
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15h30: Démonstration. le poulet est encore en train de cuire sur le feu de camp. Sergei me tend mon premier shot, ainsi qu’un morceau de salo sur du pain…le salo qu’est ce que c’est? ce n’est autre que…du gras! Spécialité en Ukraine pour donner de l’énergie lors des longues journées d’hiver. “Na zdorovje !!!”
Allez c’est l’heure du second shot, le poulet n’est toujours pas cuit… Cette fois-ci avec un morceau de concombre.  Un shot un truc à manger. Toujours. C’est comme ça que ça se passe en Russie. J’avais eu d’ailleurs la même expérience en Lituanie il y a deux ans de cela.

Le soleil va bientôt se coucher, heure idéale pour aller se relaxer  quelques heures à la scène chillout un peu en dehors de la forêt.

Mais une fois la nuit tombée… direction à la scène principale, en plein cœur de la forêt. L’accès est facile, il suffit de suivre les battements de musique. L’endroit est magique, et les différents djs diffusent, ou martèlent (rayez la mention inutile)- une techno dans un registre assez minimale. Style berlinois? Niet. Du gros son, bien plus lourd et psychédélique avec des basses fracassantes et des effets venus tout droit de l’espace. Et des choses de ce genre. Ça tape ça tape, du bon son de Rave Party, le tout au milieu de la forêt donc! On aime ou on aime pas… Personnellement je prend mon pied.

Et on remet ça le lendemain avec une alternance de drone/space music et de deep techno. Peu de monde au final durant le festival, en tout cas bien trop peu pour remplir les trois scènes disponibles.
Dommage, mais l’ambiance est parfaite, très relaxante.



On est déjà dimanche et il va falloir songer à repartir. Mais pas avant d’avoir piqué une tête dans la rivière. C’est quand même de la Volga dont on parle. La Volga, cette rivière mythique de Russie, qui avec ses 3692 kms de long en fait le fleuve le plus long d’Europe!

Et les organisateurs du festival ont pensé à tout, ils ont même construit un banya au bord. Je peux donc expérimenter mon premier banya sur les terres russes, avant de jeter nu dans la Volga, qui n’est d’ailleurs pas si froide que ça.

Nous pouvons rentrer en paix sur Moscou, et clôturer ce chapitre moscovite avec un délicieux restaurant géorgien…

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Chillout Stage

Le grand départ !

Dimanche 22 juin : 21h00
Ces derniers jours et dernières semaines sont passés bien trop vites. Et je ne parle même pas de ces dernières heures à l’appartement… « Tu vas t’ennuyer maintenant que tu ne travailles plus » me disait-on. S’ils savaient… Les préparatifs, la demande de visa, les derniers achats, les au-revoir à ses amis et proches. Un dernier verre par ici, un dernier verre par là.
Et tout à coup, c’est le jour J est là! Le sac qui jonche le sol depuis déjà plusieurs semaines va enfin pouvoir commencer sa vie.

Un chapitre se referme, et c’est un nouveau qui peut commencer…

Cela fait tellement longtemps que l’on pense et que l’on prépare ce voyage que tout vous revient en pleine face en un clin d’œil ! Trois mois déjà depuis ma démission. J’ai l’impression que c’était hier. Ou bien peut-être une éternité ? Une fois assis dans le bus tout devient confus. Est-ce bien le départ tant attendu pour ce long périple que l’on attend depuis des mois ? Suis-je prêt pour un voyage au long court ? Un an c’est énorme ! Mais tellement court à la fois !

Tout s’accélère, tout s’emmêle dans mon esprit, la notion du temps devient une chose complètement abstraite. Alors je m’allonge, je ferme les yeux et me laisse bercer par la douce musique de Julia Kent en pensant à ces derniers instants passés auprès de ceux que j’ aime. Quelques larmes ruissellent le long de mes joues…et je finis par sombrer peu à peu dans le sommeil. Demain, tout cela sera surement plus clair et aura de nouveau un sens.

Après des heures de trajet, on approche enfin de Berlin. Soirée tranquille dans la capitale allemande, une bonne nuit de repos ne sera pas de trop avant d’attaquer un long périple en stop…direction : Saint Saint-Pétersbourg ! Mon visa russe commence le 1er juillet, je dispose donc d’une dizaine de jours pour rallier la frontière russe. En y repensant, j’aurais peut-être du avancer mon départ, ou décaler mon visa.

10 jours à sillonner les routes de Pologne et des pays baltes, de station-service en station-service, de voiture en voiture. Parfois en compagnie d’un homme silencieux vous emmenant à l’adresse exacte, parfois en compagnie d’un jeune hystérique baragouinant un mélange de lituanien et d’anglais incompréhensible, vous déposant au milieu de nulle part.

 

On part le matin de bonne heure avec le sourire aux lèvres, avant de se maudire d’avoir choisi l’autostop comme moyen de locomotion !

Cependant, ce qu’il y a d’intéressant avec le stop c’est que tout peut arriver. On peut tomber sur un conducteur qui vous emmènera directement à destination en avalant les kilomètres un à un, et puis le jour d’après on n’avance plus. On va de ville en ville, 20 kms par ci, 40 kms par là. Et on se retrouve à devoir planter la tente aux abords d’un lac perdu au beau milieu de la Pologne, car aucun conducteur n’a bien voulu de vous l’espace de 3 heures ! Puis le jour d‘après, la magie opère à nouveau, et le morale revient au beau fixe.
L’autostop n’a rien d’une science exact, il n’obéit à aucune règle. Mais il a ce je ne sais quoi de fascinant et d’excitant à la fois, qui vous donne envie de réitérer l’expérience encore et encore. Outre le fait de savoir si l’on arrivera à bon port, c’est une petite lucarne sur le pays et sa population, ses paysages et sa culture. On se retrouve dans des endroits où l’on n’aurait jamais mis les pieds en prenant un bus. On rencontre des gens avec qui jamais on n’aurait jamais eu aucun contact en visitant le centre-ville. Parfois vendeur, parfois négociateur, agriculteur ou encore routier, c’est tout un panel qui est représenté lorsque l’on se retrouve à tendre le pouce en bord de route.

Je continue petit à petit ma route vers la Russie… traversant la Pologne d’ouest en est, à travers la grande plaine d’Europe du Nord, grands espaces verts traversés de part en part par l’autoroute A2 parsemé de lacs ici et là, avant de rentrer en terres baltes, en commençant par la Lituanie..

5 jours déjà ; la machine est lancée. Les rencontres s’enchaînent, les soirées se suivent et ne se ressemblent pas. Internet et les nouvelles technologies ont changé notre manière de voyager. En ce qui me concerne en tout cas. Plus besoin de partir avec les cartes détaillées de chaque pays traversé. Un smartphone avec l’application qui va bien, et tout devient plus facile. Trouver l’adresse de son hôte, un endroit stratégique où l’on va pouvoir lever le pouce, se repérer dans la ville et trouver un supermarché. Tout est à portée de main. Quelques messages échangés par mail en sirotant une bière, et me voici invité chez un type dans la ville de Kaunas en Lituanie.

La soirée, on la passera à sillonner la ville et ses alentours à vélo, avant d’aller boire quelques bières avec des amis à lui aux abords d’une usine désaffectée. Une tranche de vie parmi tant d’autres… Tuchkus m’aura fait partager un fragment de la sienne, l’espace d’un soir.

Il me faut ensuite songer au week-end. Le plan initial était de rejoindre Riga en Lettonie. Cela sera finalement dans une forêt aux alentours de Trakai que je le passerai, lors du festival de Swampy. La foule n’est pas au rendez-vous, mais les artistes s’en donnent à cœur joie, occupant la scène nuit et jour sans interruption.

P1100898Cette fois ci les festivaliers auront eu de la chance : un temps superbe la journée du samedi, avant l’arrivée de la pluie battante le dimanche après-midi. Pluie qui s’installera sur l’ensemble des pays baltes jusqu’à la Russie, et qui dure encore et encore jusqu’à mon entrée en terres russes….

On commence à se rapprocher du nord et ça se ressent, le soleil se couche de moins en moins tôt et les nuits ne sont plus vraiment noires. Ce soir c’est soirée mexicaine en compagnie de Marys et sa famille, mais aussi de Thomas, venu tout droit de San Diego avec les valises remplies de Tequila. Les bouteilles tombent au fil de la soirée, les fajitas se succèdent, le père sort un whisky canadien. Le lendemain risque d’être difficile pour ceux qui travaillent…

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Cela fait maintenant 3 jours qu’il pleut sans interruption sur tout le pays. Après mon dernier trajet en stop de plus de 650 km à bord du même véhicule entre Villnius et Tallinn, je préfère me rabattre sur le bus pour la fin de ce voyage vers la Russie. Marys me dit que ce n’est vraiment pas gagné de trouver une voiture entre Johvi et St Petersburg, et vu le temps qu’il fait dehors, elle s’abstiendrait.

Ce voyage en stop s’achève donc, après plus de 1500 kms entre Berlin et Tallinn. Je suis loin d’être arrivé à destination, mais après tout, le voyage n’est-il pas le trajet en lui-même et non pas la destination ?

Mon itinéraire depuis ce début de voyage