Vacances en Thaïlande !

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Bangkok
LANGUE: Thaï
REGIME POLITIQUE: Monarchie constitutionnelle
POPULATION: 66,720 millions
DEVISE: Baht (฿)
PIB / Hab: 5 800 $


C’est le 1er Novembre que je fais mon entrée au pays du sourire, la bien-connue Thaïlande. Comme il est coutume en Asie, les 12 heures de bus annoncées depuis Phnom Penh se sont bien vite transformées en 16 heures… Parti à 8h de la capitale cambodgienne, ce n’est que vers minuit que j’arrivais à Bangkok, après de nombreux changements de bus et une attente à la frontière près de Koh Kong.

Tiesda l’un des fils de Muoy m’accueille dans sa magnifique maison située à 20 kms à l’est du centre de Bangkok.
Passionné de planches à voile depuis de nombreuses années, il a révolutionné le milieu en créant de nouvelles planches à l’époque et ses bureaux sont à deux pas de chez lui. Egalement devant sa maison: un lac artificiel où les férus de wake-board viennent s’adonner à leur passion les week-ends et pendant la pause déjeuner.
C’est tout naturellement que je décidais de m’essayer à ce sport en remettant à plus tard les visites de Bangkok.

Après quelques jours à me perfectionner en wake-board et à visiter un peu la ville, je mettais les voiles sur la province de Chiang Mai, avec ses montagnes nimbées de brume et sa capitale parsemée de temples.

Trek dans la jungle, rencontre avec les éléphants, cours de cuisine thai, temples par dizaines, les activités ne manquent pas dans la région, et ma semaine passe en un clin d’œil.
Virak, présent également au mariage la semaine passée m’a rejoint et m’initie à la slackline dans le parc.

Les locaux, d’abord intrigués, finissent par se joindre à nous, et d’autres slackers posent à leur tour leur ligne. L’ambiance est bonne, les sourires sont sur chaque visage; encore une très belle journée passée dans la cité détendue de Chiang Mai!

Noix de coco fraiche, sticky rice et mangue, pad thaï, fried rice, kôw soy, curries, etc… Chaque jour mes papilles ont droit a une explosion de saveurs, les différents marchés de jour et de nuit étant le lieu rêvé pour goûter à toutes ces nouvelles choses.
La Thaïlande est définitivement une destination incroyable en matière de cuisine!

Yout (stop!), Saii (gauche), Kwa (droite), Pai (avance), toii (recule), Bao Bao (doucement), Di Di Di (c’est bien!), Bon Soung (ouvre la bouche).
Le langage des éléphants n’a bientôt plus de secrets pour nous, et le trek dans la jungle m’a ouvert les yeux sur l’incroyable efficacité et polyvalence du bambou.
Cuire du riz, des oeufs; Fabriquer un verre, une cuillère, un couteau; construire une maison. Le bambou sert à tout!
Son seul  défaut est qu’il ne dure pas longtemps et qu’il faut donc souvent le renouveler.

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Notre terrain de jeu pour trois jours de trek

Point de rencontre avec les femmes girafes, mais la découverte du peuple des Karen, une ethnie minoritaire d’Asie du Sud-Est habitant dans des villages isolés au cœur des montagnes.

Une semaine bien trop courte pour vraiment découvrir le Nord du pays. Je reviendrai j’en suis sûr, mais en attendant je dois rejoindre Bangkok via le train de nuit pour y retrouver une personne qui m’a beaucoup manqué ces derniers mois…

Il est 14h00 lorsque Mathilde et moi nous retrouvons à l’aéroport de Suvarnabhumi:
                                                 Les vacances en Thaïlande peuvent à présent commencer…


Trop tard pour rejoindre directement l’île de Koh Chang non loin de la frontière cambodgienne. Nous devons faire une première étape à Pattaya pour la nuit.

PATTAYA. Un nom qui résonne dans nos têtes d’occidentaux… Station balnéaire très touristique où il fait bon faire trempette la journée -ou faire de la planche à voile comme avec Tiesda la semaine passée-, Pattaya tombe les masques à la nuit tombée.
Grand bordel à ciel ouvert, ville de tous les vices, les bars a filles semblent partout, et les occidentaux de tout âges en manque de sexe, assis seuls au bar et sirotant leur bière attendent leur future proie.

En flânant un peu sur la toile on trouve facilement un tas d’information sur la prostitution en Thaïlande. Certains sites à titre purement informatif, et d’autres rentrant beaucoup plus dans le vif du sujet!
Et comme on a vite fait de se perdre dans l’immensité du web en cherchant une infio précise, j’en apprends un peu plus que prévu. Ainsi il semblerait que les bars à pipe soient assez tendance à Bangkok, parfait semble-t-il pour bien commencer une journée dans la capitale pour certains expats!
Dernier coup de cœur si vous voulez apprendre l’art de “rencontrer” des filles thaïlandaises, c’est par la!

Les narco-touristes vont à Amsterdam fumer de l’herbe, tandis que les amateurs de tourisme sexuel s’envolent pour Pattaya, Bangkok ou Pukhet… Amsterdam a son quartier rouge, ici à Pattaya la ville tout entière semble être le quartier rouge.

Après nous être fourvoyer dans la ville, nous trouvons enfin une chambre dans notre budget dans un coin plutôt tranquille. A la vue de la charmante dame au décolleté transparent et plus que plongeant, et du petit vieux bedonnant lui faisant la conversation, je crois qu’il n’y a plus de doute possible. Nous avons atterri dans un hôtel de passe…
Pas mal comme endroit pour une première nuit de retrouvailles! Heureusement nous nous dégotons tout de même un bon petit restaurant thaï où passer la soirée.

Nous refermons vite le chapitre Pattaya et mettons les voiles sur Koh Chang une petite île paradisiaque encore peu connue.

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Ko Chang

Magnifiques points de vue, nourriture thaï à se damner, snorkeling dans les îles aux alentours. On laisse vite tomber nos plans de rejoindre Koh Käi et Koh Kut pour nous concentrer sur l’exploration de ce petit bijou qu’est Koh Chang.
En plus de ça Mathilde n’est pas venue les mains vides, et on profite d’un superbe coucher de soleil pour se faire un bon apéro français dans les règles de l’art!
Il va s’en dire que St Nectaire, comté, saucisson et Saint Joseph passent tout seul après ces longs mois d’abstinence…

On comprend très vite la renommé de la Thaïlande en terme d’îles paradisiaques. A scooter dans les montages, à manger dans les petits boui-boui en bord de route et à se régaler de jaquier, ananas et autres ramboutans.
Un jus aux fruits de la passion par ici, un pad thaï par la. Et toujours pour finir la journée en beauté ces magnifiques couchers de soleil dont on ne se lasse jamais…
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La suite logique? Direction plein sud, sur la côte d’Andaman en plein cœur des pics karstiques qui caractérisent si bien la région. Le temps s’est un peu gâté mais on peut profiter au sec d’un tour en bateau dans la baie de Phang Nga. Et comme on aime pas faire comme tout le monde et suivre la masse, on prend un longtail boat depuis la ville de Phang Nga et non depuis Krabi ou Puhket, ce qui nous laisse la visite de la fameuse James Bond Island au calme, avant d’arriver sur la petite île de pécheurs Ko Panyi.

James Bond Island

Ko Panyi, ce village sur pilotis occupé par une communauté de pécheurs musulmans est un nid à touristes à l’heure du déjeuner.
Des centaines et des centaines de tables, répartis sur plus d’une dizaine de restaurants alignés en bord de mer.
Après plusieurs minutes de réflexion, nous avons calculé que l’île pouvait acceuillir plus de 5000 couverts. Je n’ose même pas imaginer le spectacle pour ces pauvres locaux quand des hordes de touristes débarquent à heure fixe jour après jour.

Pour nous l’expérience est complètement différente. Nous ne sommes qu’une poignée d’occidentaux à avoir fait le choix de passer la nuit sur l’île. Et quelle expérience! Le village est à nous –et aux locaux cela va de soi– et il fait bon se balader la truffe au vent dans les petites ruelles du village.
Le décor est fantastique et assez inhabituel; une mosquée, un terrain de foot flottant, des femmes voilées, des enfants qui font des glissades dans les rues mouillées. Et tout autour de nous, toujours ces pics karstriques tous plus impressionnants les uns que les autres.

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Terrain de foot flottant de Ko Panyi

17 décembre 2014: Pas de soleil ce soir mais un gros orage pour la soirée. L’atmosphère des lieux devient irréel. Sommes-nous au pays des elfes et autres créatures fantastiques?
En tout cas un environnement idéal pour célébrer mon anniversaire!
29 ans déjà le bougre…
La propriétaire des lieux, après avoir disparue pendant plusieurs heures, revient avec le dîner. Orgie culinaire pour nous deux et un autre couple de belges logeant ici : Curry de poulet, énorme poisson entier grillé, légumes sautés, omelette, etc… on sort de table le ventre bien plein.
Le temps se gâte de plus en plus –il semblerait que la mousson fasse un retour en force sur l’ensemble du pays, de Bangkok à la Malaisie– mais on décide quand même de tenter notre chance du côté de Krabi, toujours sur la côte d’Andaman.

Railay : Paradis terrestre des grimpeurs chevronnés avec ses plus de 500 voies accessibles, on ne pouvait passer à côté d’une session de grimpe dans la région! Il semblerait d’ailleurs que je me sois amélioré depuis le Laos! Quelques voies 5c et 6a, dont une de 30-40 mètres ! Inutile de préciser que la vue depuis le sommet est idyllique…

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Point de vue sur Railay Beach

La persistance du temps plus que maussade –de véritables déluges parfois– nous fait beaucoup hésiter et vagabonder à droite à gauche, ne sachant où monter le camp pour les fêtes de fin d’année…
Une brève excursion sur l’île de Ko Phihi, repère à touristes rendue célèbre après la sortie du film “La Plage” nous plait beaucoup par sa beauté et es petites plages isolées, mais reste très surpeuplée en cette période de fêtes.
Les tarifs flambent !

Ko Tarutao

L’idée d’une escapade sur l’île Ko Tarutao à la frontière avec la Malaisie et de jouer les apprentis Robinson sous tente pour Noël nous plait beaucoup .
Gros changement dans la région où l’on sent l’influence musulmane. Après tout nous sommes tout près de la Malaisie à présent!

Hélas le temps, toujours aussi gris et pluvieux et la quasi non existence de touristes et d’infrastructures nous file un peu le cafard.
Rester ou partir?

Ok on est sur la même longueur d’ondes, et on décide de migrer vers la côte est dans les îles du golfe de Thaïlande. Trop tard pour attraper le dernier bateau pour Ko Phangan, on se rabat pour Ko Samui

La encore on manque le bateau de peu et devons attendre plus de 3 heures le prochain. C’est vers plus d’une heure du matin que nous arrivons enfin sur l’île.
Pas grand chose d’ouvert à cette heure tardive. On marche un peu le long de la mer jusqu’à trouver un hôtel ouvert.
“- Do you have any room available?
 – Yes I have. 400 baht. Please follow me”
Et merde nous voila de nouveau dans un hôtel de passe! Sympa pour une veillée de Noël.
Saviez-vous qu’à Ko Samui dans les quartiers un peu reculés, c’est 40 bahts la pipe? Nous l’apprenons à nos dépends en restant un peu trop de la fenêtre ouverte…
Le temps ces derniers jours étant plus que médiocre, on décide de laisser de coté les sorties en bateau et on se rabat sur la bouffe… Pour le soir de Noel on choisit la simplicité en déambulant sur le marché de nuit.
Mathilde a les yeux qui pétillent: on a trouvé un stand qui fait des blinis et autres spécialités russes!

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Marché local

Puis on décide de re-fêter encore une fois mon anniversaire en goûtant à la cuisine thai-fusion. Curry jaune de canard fumé, tourte au poulet sauce curry et mangue fraiche, tartare de thon épicé, etc… Pleins de nouvelles idées à expérimenter à mon retour! Notre palais est plus que ravi, et notre ventre ronronne de bonheur.

“Joyeux Noël !”

Et puis avec ce temps gris, je me replonge tranquillement dans Flash ou le Grand Voyage pour la énième fois. Nous ne sommes pas en Inde ou au Népal, mais ce livre se lit toujours aussi bien en voyage…
J’aime toujours autant le style du livre. Je crois même qu’inconsciemment je m’en inspire beaucoup lorsque j’essaie d’écrire.

Beaucoup trop de trafic sur Ko Samui, on décide comme prévu de nous rendre sur Ko Phangan, la cadette insoumise des trois îles du golfe.

Heureusement pour nous: pas de Full Moon Party a venir ces prochains jours. Mais le nouvel an approche, et on peine à trouver un logement. On finira par en dégoter un après quelques heures de recherche à scooter.

Je dis heureusement car si les Full Moon Party de l’époque devaient fort ressembler à leurs homologues de Goa, elles ne sont devenues aujourd’hui qu’une simple attraction pour touristes, où l’on peut acheter sur internet son “pack soirée” comprenant logement, bateau, soirée et boissons…

Et puis les Full Moon Party restent les plus “grosses” et “connues”, du coup à ces moments la l’île est innondée de touristes fêtards et les prix grimpent en flèche.

Aujourd’hui Ko Phangan est devenue l’ILE pour faire la fête en Thaïlande. Parce que les Full Moon Party ne suffisaient plus, sont arrivées les “Half Moon Party”, les”Black Moon Party”, les “Acid Moon Party” et tout un tas d’autre soirées. La soirée est devenue un véritable business ici, au même titre qu’a Ibiza.

A la différence qu’ici on écoute de la Trance majoritairement, tout comme à Goa –même si cette affirmation est de moins en moins vrai de nos jours pour Ko Phangan comme on peut le voir en visionnant la vidéo officiel de la Full Moon-.
Après pas mal de recherche sur internet on dégote la bonne info: “Experience” un festival Trance de quatre jours sur Ko Tao, avec une pré-soirée à Ko Phangan: Banco on a notre nouvel an assuré et une journée de remplie à Ko Phangan!

Lors de la soirée du 31, la foule bat son plein. Ce soir –contrairement à la veille– il y a en a pour tous les goûts. De la jeune asiat en bikini se trémoussant langoureusement à l’australien baraque ne sachant quoi faire devant cette musique diabolique, en passant par l’ancien habitué en pleine monté d’acide se tortillant d’extase.
Attention cependant, ici encore plus qu’à Goa en Inde la police veille. Des hommes en uniforme et des policiers en civil circulent dans l’enceinte du festival.

Espace Chill-out

Grande scène

Quatre jours et nuit de musique non stop c’est bien, mais on profite de nos après-midi pour visiter l’île à scooter et souffler un peu.
Le beau temps est de retour depuis notre arrivée, et les eaux turquoises scintillent dans les baies. Sur les petites rues de l’île, ce sont les montagnes russes! Des montées et des descentes vertigineuses avec des pentes parfois dépassant les  20%.
Mais toujours ce spectacle fabuleux à chaque virage, à chaque point de vue.
Gros coup de cœur pour cette île. Il y a fort à parier que je revienne dans un mois pour y passer mon brevet de plongée sous marine!

point de vue de Ko Nang Yuan

Ko Nang Yuan Viewpoint à Ko Tao

Après ces quatre jours passés sur la magnifique île de la tortue, on repart vers Bangkok et nous rendons directement dans la province de Kanchanaburi pour voir un peu le nord de la Thaïlande avant le retour de Mathilde.
Superbes cascades au programme, un certain pont de renommée mondiale au dessus de la rivière Kwae.
Ici le climat est plus frais, on a laissé les touristes tatoués et musclés des îles du sud de coté pour nous retrouver dans une atmosphère beaucoup plus calme et relax.

Un grand bol d’air pour terminer ce séjour en amoureux dans un pays où le sourire est quelque chose de naturel, où les gens sont simples et respectueux. Un énorme contraste avec les touristes occidentaux où le culte du corps est devenu une obsession et une priorité.
Une belle leçon de vie de la part du peuple thaï.

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Huay Mae Khamin Waterfalls

A moto au pays du million d’éléphants

Opium tea, “magic pizza” aux champignons hallucinogènes, “happy shake” à la marijuana…Vang Vieng fut pendant de nombreuses années le lieu de fête et de débauche par excellence au Laos.
Mais les trop nombreux accidents dans la rivière dus à une consommation excessive d’alcool et de drogues en tous genres mirent un terme à tout ça, et la ville s’est depuis beaucoup assagie.
Toutes ces friandises ne sont plus ouvertement affichées aux menus, et seulement quelques restaurants/bars en proposent encore aux touristes. Cependant les jeunes australiens –en majorité mais pas que- en manque de sensations fortes continuent d’affluer en masse dans la ville et à déambuler dans les rues, le regard hagard et les neurones encore enfumés. La plupart d’entre eux rentrent d’une après-midi de tubbing et de roulage dans la boue, sport national de Vang Vieng.

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Dans les environs de Vang Vieng

Il a quelque chose d’absolument extraordinaire en Asie lorsqu’il est question de drogues. Faites-vous arrêter dans la rue un joint à la main, et c’est la grosse amende assurée. Jusqu’à 600$ ou plus, et ce n’est apparemment pas que le guide du routard qui le dit ! Libre à vous de refuser, dans ce cas le gentil policier se fera un plaisir de garder votre passeport, voir même de vous envoyer faire un petit tour en prison si vous êtes malchanceux.
Dans les faits, la plupart des touristes paient l’amende le bakchich et repartent en se mordant les doigts d’avoir acheté leur gramme d’herbe de piètre qualité au conducteur de tuk-tuk un peu trop insistant. Conducteur de mèche avec les autorités locales il va s’en dire…
“Tuk tuk ?
– No I’m waiting for someone”
Le type descend de son tuk-tuk et vient à ma rencontre…
“Psst ! Weed ?
– No thanks
– Opium ?
– No…
– What do you want ?
– Nothing. I’m just waiting for my friend…
– Tuk-tuk ?
–  … ”
Heureusement la plupart d’entre eux se contentent de rester tranquillement dans leur hamac le reste de la journée.

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Sur la route…

En revanche dans certaines villes, que ce soit en Inde, au Laos, au Cambodge ou encore en Thaïlande, vous pourrez directement acheter votre herbe au barman, comme vous le feriez dans n’importe quel coffee shop d’Amsterdam, ou bien encore consommer sur place l’un des nombreux plats concoctés à base de psychotropes et opiacés.
Tout ceci ne semble poser aucuns problèmes aux autorités, tant que tout cela se passe dans l’enceinte du restaurant/bar.
Ah corruption quand tu nous tiens…
La drogue en Asie, une fabuleuse histoire sans queue ni tête, mais qui a encore une longue vie devant elle !
En Inde cependant ils ont trouvé la parade, et il est autorisé de consommer  le charas lorsque cela reste dans un cadre spirituel. Les sâdhus s’en donnent à cœur joie, et les bhang shops font le bonheur des touristes aventuriers dans le Rajasthan.

Parenthèse fermée, le tubbing je connais bien. J’en avais fait une première expérience aux USA il y a quelques années, me laissant porter par le courant, un sceau de margarita flottant derrière et ondulant au fil de l’eau…
Excellente manière de passer une après-midi à buller, tout en contemplant le paysage
.
Et dieu sait qu’il est beau ce paysage aux abords de Van Vieng. Des pics karstiques surgissant de la rivière et encerclant la ville. De belles rizières verdoyantes, quelques cascades ici et là… Un superbe cadre qui n’est pas sans rappeler celui du Guangxi en Chine.
Hélas tout comme là-bas, le ciel est encore complètement laiteux et bouché, et l’on peine à distinguer les reliefs des montagnes.
Une petite descente de la rivière en bouée était bien tentante il est vrai, mais je décide finalement de partir directement plein sud pour rejoindre Thakhek, la capitale de la province de Khammouane.
L’atmosphère de Van Vieng n’est pas de mon goût, et je sais que je vais retrouver un fantastique décor dans les environs de Thakhek, les touristes en moins.
Ah  l’éternelle histoire du touriste qui fuit les autres touristes. L’intrigante différence entre le touriste et le voyageur. Dans quelle catégorie se ranger ? Vivre le pays ou regarder le pays ? Pour tenter de répondre à ces questions je ne peux que vosu conseiller la lecture du très bon ouvrage de Jean Didier Urbain : L’idiot du voyage.
Et puis ça sera aussi l’occasion de retrouver deux des français rencontrés quelques jours auparavant : Anita et Mathias, et faire un bout de route ensemble à moto.

Après près de 500 km et plus de 10 heures de route, j’arrive enfin à Thakhek, exténué. Les 50 derniers kms de nuit n’étaient clairement pas une bonne idée, et j’ai les doigts encore tout crispés. Une chose est sûre: le scooter a passé le test en tenant le coup tout le long de cette longue journée, et tout ça sans le moindre signe de faiblesse.
Mais conduire en rase campagne au Laos de nuit, et qui plus est en scooter, cela tient plus du suicide qu’autre chose. Chaque minute on prit pour ne pas tomber sur un nid de poule au dernier moment, et l’on freine jusqu’à l’arrêt le temps que le gros pick up venant en face ai terminé de nous aveugler de ses pleins phares.
Il parait qu’il est bon d’être croyant au Laos. Je crois comprendre ce qu’ils veulent dire…

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Village de Mahaxay, sur “la boucle”

Je passais alors quatre jours à parcourir la fameuse “boucle” des environs en compagnie d’Anita, traversant rizières, grottes et rivières, mais aussi nous retrouvant devant quelques surprises comme dans la ville de Lak Sao.
Une petite ville de passage puant la mafia à plein  nez, et où les énormes pick up et les nombreuses villas sont légions.
Ici nous ne sommes pas les bienvenus et cela se sent, et trouver un restaurant qui veuille bien nous servir s’avèreplus compliqué que prévu…

Peut-être la proximité de la frontière vietnamienne et la route #8 traversant la ville ne sont pas étrangers à ce climat hostile. Route #8 tristement connue pour l’acheminement de camions en provenance de Thaïlande et à destination du Vietnam.
Qu’y a t-il dans ces camions? Des centaines de chiens en agonie, ne recevant ni eau ni nourriture durant ces trois jours d’acheminement.
Destination finale pour ces pauvres chiens? L’assiette des vietnamiens.
Heureusement  nous ne croiserons aucun de ces camions lors notre virée sur la route #8.

Pour en savoir plus sur ce traffic, c’est par la.

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Route #8

Dernière nuit à Thahkek avant de partir sur les traces de la piste Ho Chi Minh. Dernière nuit que je décide de ne pas passer dans la ville, mais dans un lodge a seulement une dizaine de kms à l’est.

Le Lodge est plein d’étrangers venus de par le monde se mesurer aux parois des montagnes karstiques de la région de Thakhek, ce que je découvrais en arrivant à la nuit tombée:

“Do you have any room for the night?

– Yes we do. Tents are 30 000 Kip, bungalows 110 000
– Ok let see the tents
– Alright. So did you come to do some climbing ?
– Euh… I didn’t know about that. Actually I just wanna sleep and leave early tommorrow…
– Oh really?. Ok but just to let you know we’ll do a morning lesson tomorrow. In case you wanna give it a try and stay a bit longer…
– Ok I’ll think about it”

Et voilà comment je me retrouvais à rester deux journées de plus dans la région.
Une règle d’or en voyage : toujours suivre son instinct et s’écouter…
Dans le lodge il y a Paul, ce jeune américain de 30 ans féru d’escalade, venu passé au Laos quelques semaines de grimpette. Le mois prochain, il s’envolera pour le Pérou où ‘il continuera d’escalader, entrecoupé d’une initiation à l’Ayahuasca.

Il y a également Andy, un australien né à Hong Kong et vivant aujourd’hui à Bangkok. Profitant d’être au Laos pour un visa-run, il est venu à Thakhek pour grimper quelques voies le temps d’une semaine, et sera mon partenaire de grimpe le jour suivant.

Uli et Anna les propriétaires, sont dans la région 8 mois dans l’année. Le reste du temps, ils le passent chez eux en Allemagne.
Tous deux grimpeurs hors pair, ils ont fait de leur passion un mode de vie, et continuent de grimper chaque jour, tout en gérant leur lodge.


La nourriture y est fantastique – la meilleure que j’ai pu goûter dans le pays- ,les prix très bon marchés, et les autres grimpeurs très accueillants et avenants.
C’est donc dans cette ambiance décontractée que je m’essayais à l’escalade en plein air pour la toute première fois. Grimpette entrecoupée de baignades dans la rivière avoisinante, et de longues sessions hamac en guise de sieste.
Cela fait déjà deux jours que je suis là, j’ai les bras tout esquintés et les mains souffrant de crampes, il est temps de revenir à mon plan initial, et partir vers le sud-est…

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Sur les traces de la piste Ho Chi Minh

Inconscient. Stupide. Aventurier. Appelez ça comme vous voulez mais le fait est que me voilà parti de bon matin sur les traces de l’ancien réseau de chemins ayant servi durant la guerre du Vietnam: la piste Ho Chi Minh.
Aucune carte détaillée, pas de kit de réparation, de chambre à air ou quoi que ce soit -a quoi bon je suis une bille en mécanique- Uniquement mon téléphone portable, quelques indications glanées ici et là sur les forums et trois litres d’eau.
Ah et j’oubliais: 1,5 litres d’essence dans une bouteille, parce que quand même je suis un homme prévoyant! et quelques coordonnées GPS et photos d’une carte détaillée trouvée au lodge.
Me voici donc a présent seul au guidon de ma fidèle Honda Wave, parcourant l’ancien tracé de la piste Ho Chi Minh le long de la frontière vietnamienne du nord au sud avec comme destination le village de Tadlo. Durée prévue de ce périple: 3 jours.

Mais en fait qu’était-ce donc que cette mystérieuse piste Ho Chi Minh? Et bien tout simplement un réseau routier qui permettait de faciliter l’acheminement des troupes et du matériel militaire du Vietnam Nord jusqu’au Vietnam Sud. Ce réseau a d‘ailleurs été l’une des clés de la victoire des communistes sur le Vietnam Sud à l’époque.
A titre d’exemple, en 1967 l’Armée Populaire du Vietnam a transporté et stocké plus de 81 000 tonnes de matériel qui furent ensuite utilisé lors de l’offensive du Têt de 1968. Plus de 200 000  militaires participèrent à l’opération, et chaque nuit des milliers de mouvements s’opéraient sur les chemins du Laos et du Cambodge.

Très vite la piste Ho Chi Minh fut la cible des premiers bombardements en 1965, avant d’atteindre un pic en 1969. Cette année-là ce n’est pas moins de 433 000 tonnes de bombes qui tombèrent sur le Laos…pays pourtant considéré comme “neutre’ dans cette guerre. Ce triste record en fait l’un des pays les plus bombardés au monde…

En plus de la farfelue opération “Igloo Blanc”, les américains inventèrent tout un tas de méthodes plus ou moins exotiques afin de freiner les déplacements sur l’Ho Chi Minh Trail. Balancer des caisses de Budweiser dans le but d’enivrer les soldats était l’une d’entre elles. Ou encore inonder les pistes de liquide vaisselle pour rendre les pistes glissantes. La meilleure étant sous doute d’envoyer des pigeons kamikazes sur les camions des nord vietnamiens. Seul problème cependant: les pigeons ne savaient pas faire la différence entre un camion communiste et un autre non-communiste…

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C’est donc en suivant les traces de ces milliers de vietnamiens, que je partais me perdre dans le Laos profond durant ces quelques jours. Et croyez le ou non: pas une seule panne à signaler. Aucun problème, même après des dizaines de franchissements de rivières, de conduite à 5km/h sur les pistes plus défoncées les unes que les autres, le petit scooter tenait bon sans broncher.
Même dans les chemins les plus abrupts, le moteur continuait de rugir, et les gués de plus en plus profonds  ne pouvaient le stopper et se contentaient de refroidir le pot d’échappement. Une règle d’or cependant: surtout ne pas s’arrêter au milieu au risque de noyer le moteur!

Immersion totale dans ces chemins isolés, où les mêmes pensées sont ressassées encore et encore. “Surtout ne pas crever!”.”Surtout q’uil ne pleuve pas!”. En effet vu l’état des routes et l’isolation de certains des villages traversés, une trop forte averse et je pourrais me retrouver bloqué un moment! Mais comme un expat me le disait. “Les locaux sont adorables et vous aideront volontiers.”

10h30: Je suis hors plan -“Unknown status” sur ma carte en photo- depuis déjà une bonne heure, et je cherche mon chemin à la boussole lorsque j’arrive dans un village. Toujours la même méthode: emprunter les chemins les plus larges tout en maintenant le cap, tout en suivant son instinct.

J’essaie de demander mon chemin -inutile de vouloir donner sa destination finale mais plutôt tenter de demander des noms de village dans un rayon de 10 km au plus-

L’homme m’invite dans sa maison où une musique résonne à pleins décibels. La fête bat son plein et l’alcool coule à flot. Lao-Lao, cigarettes, bananes, sticky rice
Autant dire qu’en un rien de temps l’alcool me monte à la tête. La journée va être longue… Vite il faut repartir sinon je vais rester coincé ici la journée! Après un long dialogue sans queue ni tête -dont  je ne comprends strictement rien- je lève le camp et ré-enfourche ma bécane.
L’alcool aidant, je n’hésite pas une seconde et me lance dans ce qui s’avérera être le summum en matière de piste défoncée de ce périple, et je dois même par moment accélérer tout en étant debout à coté du scooter.

Après un moment sans villages, je n’arrive pas à rejoindre une coordonnée GPS que je m’étais notée, mais finis par déboucher face à une rivière. Problème: elle est bien plus large que les précédentes et bien entendu il n’y a aucun pont aux alentours. J’avance jusqu’au rivage accompagné de dizaines de gamins laotioens. “Ok et maintenant on fait quoi?”
Les enfants se jettent à l’eau et vont chercher une barque de l’autre coté. “Ok j’ai pigé…”

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Et voila, c’est aussi simple que ça au Laos en matière de franchissement de rivière!

Les vestiges des bombardements sont encore présents, et même si les pistes ont été déminées il est fortement déconseiller de s’aventurer hors des sentiers battus dans la région. Une rencontre avec un UXO pourrait être fatale!

Les débris d’obus sont recyclés et servent parfois de pilotis

Le périple ne m’aura prit finalement que deux jours, et c’est avec un jour d’avance que j’arrive à Tadlo, premier arrêt sur le parcours mythique du plateau des Boloven.

Plateau des Boloven dont j’ai tant entendu parlé depuis des semaines sera hélas une légère déception pour moi, la pluie n’aidant pas à se forger une bonne opinion des lieux.

Heureusement je suis avec un couple franco-belge adorable, et les immenses dreadlocks de Carl n’ont pas fini d’intriguer les locaux partout où nous nous arrêtons!

 

Ce périple au Laos touche à sa fin, et je dois m’occuper de revendre la moto à Paksé. Annonces placardées dans la ville, je file vers les 4000 îles au sud pour un peu de détente et de kayak dans les eaux troubles du Mékong en attendant les réponses de potentiels acheteurs…
J’aperçois le Cambodge pour la première fois, ainsi que mes premiers dauphins d’eau douce…
On ne change pas une équipe qui gagne, et je retrouve Mathias et son vélo, Anita qui profite de ses derniers jours sur le sol laotien, mais aussi un autre couple rencontré dans le bateau au nord.

Vous voulez mon avis? N’achetez pas une moto au Laos. Elle sont bien plus cher qu’au Vietnam, et surtout il est impossible de sortir du territoire avec une plaque laotienne! De plus, même si le prix de revente peut être un peu mieux qu’au Vietnam, vous perdrez de toute façon de l’argent, a moins de trouver un touriste intéressé…

Il y en a qui galèrent à revendre leur moto, et d’autres qui sont bloqués à Paksé en attendant leur nouvelle carte bleu… Avec Brice on a tout le temps d’explorer Paksé de long en large et Champassak, et j’en profite pour apprendre auprès de lui. Après tout ce n’est pas tous les jour squ’on rencontre un photographe…

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Khone Phapheng, 4 000 îles