Hitchhiking Burma !

Drapeau Birmanie

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Npidaw
LANGUE: Birman
REGIME POLITIQUE: Régime militaire
POPULATION: 51,42 millions
DEVISE: Kyat (MMT)
PIB / Hab: 1 400 $


En quelle année sommes-nous ? Dans quel pays ai-je bien pu débarquer?
Disons le franchement, une fois le pont de l’amitié franchit et mon passeport tamponné c’est un bon de 30 ans en arrière que je fais et un tout autre monde s’ouvre alors à moi.
Les belles routes de Thaïlande sont déjà bien loin et l’atmosphère devenue poussiéreuse à souhait. Je monte dans une voiture/taxi. Une fil ininterrompue de voiture digne des départs en grandes vacances s’allonge de plus en plus.
Chaque voiture, chaque pick-up est rempli à ras bord, et les toits des véhicules sont chargés au delà de toute imagination.

L’aventure birmane peut maintenant commencer!

 

Les sarongs ont envahi les rues, les vendeurs de noix de bétel sont à chaque coin de rue et les trottoirs alors tachés de rouge. Les traits des habitants ont également quelque peu changé de ce côté de la frontière et l’on retrouve chez certains ce regard si caractéristique des indiens. Seulement dans cette région d’Asie le tilak sur le front se fait rare, et c’est toujours le bouddhisme qui prédomine.

Les femmes et jeunes enfants ont pour la plupart le visage recouvert d’une pâte utilisée en guise de “maquillage”:
Le célèbre Tanaka censé adoucir la peau!
D’ailleurs si vous croisez sur les marchés ou dans les trains des gens qui vendent des bûchettes de différents diamètres ce n’est pas pour la cheminée, et ces dernières sont issues de l’arbre à tanaka. Frottez les contre une pierre plate, humidifier un peu le tout et vous obtenez la fameuse pâte.
A consommer sans modération mais néanmoins un peu moins pratique à emmener dans son sac qu’une boîte de fond de teint…

Beauté birmane: Tanaka et cigare

Beauté birmane: Tanaka et cigare

Les curies sont dans toutes les assiettes, et les dosas et samossas pullulent dans les rues de Yangoon. Et si les curies thaïs sont bien différents de leurs homologues indiens, ceux du Myanmar sont encore une toute nouvelle saveur pour le palais, ainsi qu’un mode de préparation bien différent.
Oui ce qui qui me frappe le plus ces premiers jours en Birmanie c’est bien la ressemblance avec le sous-continent indien. Après tout l’Inde est maintenant toute proche, et les Naga peuplent la région de Sagaing au nord ouest du pays.
C’est d’ailleurs à Yangoon que la ressemblance avec cette dernière me marque le plus. Déambulant dans les rues de la capitale économique, un certain bordel ambiant règne autour de moi, ainsi qu’une agitation et une saleté si typique des villes indiennes.

Dans les rues de Yangoon

Dans les rues de Yangoon

Des détritus partout, jonchant le sol de chaque rue et remplissant le lit des rivières. Et puis cette odeur si particulière ; mélange de poubelles, relents d’égout et de nourriture. Des images illuminent soudain mes pensées, et les souvenirs resurgissent tout à coup.

Les bâtiments d’un autre siècle tout décrépis dessinent les rues de la ville, tandis que le Strand, vieil hôtel mythique où séjourna Georges Orwell à époque colonial se dresse fièrement face à la rivière -le charme de l’époque en moins cependant-.

On passe du quartier indien au quartier chinois en quelques rues seulement, évoluant à travers marchés et vendeurs ambulants.
Les taxis et autres véhicules essaient de se frayer un chemin dans ces bazars dignes de ceux de Dehli, car à Yangoon et cela depuis longtemps : les motos sont proscrites. En résulte un trafic dense et chaotique dans tout le centre-ville..

Quand j’avais décidé d’inclure la Birmanie dans mon grand voyage, bien des gens m’avaient prévenu.
“Si tu veux découvrir le pays ne te contente pas des spots touristiques que sont Bagan ou le lac Inle” ; “Si tu veux aller en Birmanie vas-y vite car bientôt il sera trop tard et le tourisme de masse sera arrivé.” ;  “Un conseil, vas te perdre dans les campagnes en moto à la rencontre des autochtones ! ” ; etc…
En effet en l’espace de seulement trois ans, le pays a évolué bien plus qu’en vingt années auparavant, et le tourisme a atteint l’an dernier plus d’un million de visiteurs contre à peine 400 000 l’année passée. Et ce chiffre semble exponentiel ! Alors est-il déjà trop tard pour aller visiter ce pays resté si longtemps fermé sur le monde extérieur ?

Afin d’essayer d’être au plus proche des locaux justement, je décidais de ne me déplacer dans le pays qu’en transport local et autant que possible en auto-stop. Après tout n’est-ce pas en levant le pouce au bord de la route que l’aventure pointe souvent le bout de son nez ? C’est ainsi que je me retrouvais embarqué à bord par des moines écoutant du rock à plein volume, à faire des centaines de kms dans le coffre d’une voiture ou bien encore quelques miles à l’arrière d’un camion de chantier.
Assis sur des sacs de ciment dans un tuk-tuk, assis à l’arrière d’une moto ou dans un genre de side-car, le stop en Birmanie n’aura pas fini de me surprendre ! Et pour selon que l’on reste sur les grands axes, on attend jamais vraiment longtemps sur le bord.

Grotte de Kaw Goon

Grotte de Kaw Goon

Environs de Hpan

Environs de Hpan

Le sud-est du pays -de Moulbein à Bago en passant par Hpan et le rocher d’or- fut une expérience unique en son genre. -Sans parler du fait que je retrouvais par le plus grand des hasards Tatiana et Romain, un couple de français rencontré il y a bien longtemps…. à Oula Oude en Russie! Le monde est petit parfois-
Parce que oui lorsqu’on atterrie sur la planète Burma on ne parcourt pas le pays a la recherche des endroits les plus magnifiques. La Birmanie on la vit, on la ressent. On en fait l’expérience. On la parcourt tranquillement au rythme des locaux dans les trains lents ou autres bus bondés s’arrêtant chaque kilomètre pour décharger un sac de riz ou embarquer une personne ou deux.

Fabrique de briques sur l'île de l'Ogre

Fabrique de briques sur l’île de l’Ogre

La plupart des routes de campagne n’ont qu’une seule voie –souvent dans un état déplorable pour ajouter du piquant- et parfois le train s’arrête un moment, attendant que celui en sens inverse laisse l’unique voie dégagée. Souvent, on voit de gros barils métalliques bouillonnant sur le feu en bord de route. Point de grosses machines, ici on coule le goudron à l’ancienne et c’est à l’arrosoir qu’on le dépose après avoir pris soin de tasser les graviers pieds nus.

Partie de Sepak Takraw improvisée dans la rue

Partie de Sepak Takraw improvisée dans la rue

Mais que dire de la gentillesse des birmans dans cette région du pays.

Des “Mingala ba” à chaque coin de rue, des femmes travaillant dans les rizières qui m’envoient des baisers lorsque je passe en scooter, des ados qui nous invitent à jouer au foot version local dans la rue.

Et puis des familles qui partagent leur repas dans les temples, des chauffeurs de taxi qui nous conduisent gratuitement ou encore des coiffeurs qui vous rasent gratis.

Alors c’est donc vrai ce que l’on raconte sur ce peuple birman? Et si tout cela ne suffisait pas le cadre de la région est superbe et me rappelle énormément le centre du Laos avec ses rizières et ses montagnes karstiques. Le sud-est fut une excellente entrée en la matière et je me réjouissais pour la suite du voyage, bien décidé à continuer l’aventure en stop!

Marché aux poissons de Sittwe

Marché aux poissons de Sittwe

C’est en regardant de nouveau ma carte du Myanmar un matin que je retombais sur ce point que j’avais marqué il y a quelques temps déjà : Sittwe.
Je crois que c’est un allemand rencontré au Laos qui me l’avait conseillé il y a déja quelques mois de cela.
Je ne me rappelle guère d’information au sujet de cette ville mais ce point est là.

Il trône sur ma carte m’invitant au voyage et aller voir dans ces régions de l’ouest.

Le problème parait-il: Sittwe n’est accessible qu’en avion. Mais après avoir fait les bonnes rencontres on se rend compte que le voyage est faisable par voie terrestre puis maritime. Un long voyage certes, mais tout à fait réalisable.
Et oui en Birmanie tout change très vite et les routes et frontières s’ouvrent une à une aux touristes. Le guide devient d’ailleurs vite inutile –de même que les sites des gouvernements- et le bouche à oreille est la meilleure méthode pour s’informer des possibilités de déplacements dans le pays.
C’est donc ainsi que le temps s’est arrêté l’espace d’une escapade dans l’ouest du pays, près de la frontière avec le Bangladesh. Dans ces régions reculées, les distances ne se comptent plus en kms mais en heures -a quoi bon lorsque l’on met plus de 8h à parcourir les quelques 170 kms séparant l’ancienne capitale Pyay de Taungggok sur la côte ouest ou pas moins de 9 heures de train pour 250 kms- et les touristes se font de plus en plus rares.

Ngapali Beach

Ngapali Beach

C’est justement à bord d’un train que commençait cette aventure dans l’ouest. Un voyage de plusieurs jours avant d’atteindre Sittwe la capitale de l’état Rakhaing. Le train quitte doucement la ville de Yangoon avant de s’enfoncer dans les campagnes birmanes. Les champs de tapioca et les rizières défilent sous mes yeux, et les vendeurs ambulants se succèdent un à un dans le wagon. Au loin j’aperçois un paysan arrosant son champ au tuyau d’arrosage tandis qu’un autre homme abaisse manuellement la barrière du passage à niveau.
Je ne l’est pas demandé mais pour 4 $ me voici en “upper class” assis dans un grand siège aux larges accoudoirs et de quoi allonger mes jambes.

Stand de confection des noix de bétel

Stand de confection des noix de bétel

Mais le train birman c’est une tout autre expérience. Les amortisseurs ne sont plus qu’un lointain souvenir, et les kms défilent à travers la fenêtre à une vitesse léthargique.

Si le stop avait bien marché jusqu’à maintenant, c’est une autre histoire dans ce coin du pays et je m’en rends vite compte lorsque j’essaie de quitter Pyay. Très peu de véhicules sur cette route, et ceux d’entre eux qui s’arrêtent ont tous le même discours : ils ne vont que 7 miles plus loin, et une fois là-bas j’aurai le même problème pour continuer.

Il faut me rendre à l’évidence, trouver un bus si je ne veux pas rester coincé ici la semaine. Et quelle surprise lorsque j’apprends que c’est un bus de nuit qui part à 20h et qu’il met plus de 8h à faire le trajet. Huit heures pour les quelques 160 kms me séparant de la côte. Les temps de trajet prennent ici une tout autre dimension comme je le disais.

Après une bref excursion dans les environs de Ngapali -plus belle plage de Birmanie si l’on en croit les brochures- je remettais le cap vers Taunggok un peu plus au nord. Il faut que j’arrive avant la nuit si je veux espérer attraper le bateau qui part le lendemain matin pour Sittwe. Le cas échéant il me faudra atteindre le prochain deux jours plus tard.

Au fil de la rivière Kaladan: De Sittwe à Mrauk U

Au fil de la rivière Kaladan: De Sittwe à Mrauk U

Chose impensable en Birmanie, tout se déroule comme prévu et je parvins à avoir toutes mes correspondances jusqu’à Sittwe, où un autre visage de la Birmanie s’offre à mon arrivée.
Après les problèmes récents dans la région, on peut clairement sentir une certaine tension dans l’atmosphère. “Mulsim ? ” est d’ailleurs la première question que l’on me pose partout. La mosquée quant à elle est gardée jour et nuit par des hommes armés, et il n’est pas question d’espérer s’en approcher. De plus les check points sont nombreux dans le coin ce qui ajoute encore à la lenteur des transports…
Le secteur est d’ailleurs “déconseillé aux touristes” depuis plusieurs mois.
C’est en 2012 que le pays commençait à “inviter les touristes à venir se rendre dans le pays” après un boycott de nombreuses années. Les visiteurs commençaient alors à affluer dans le pays tandis que les affrontements entre la junte militaire et les militants pour la démocratie et autres groupes ethniques continuaient dans le nord du pays et dans bien d’autres régions notamment proches des frontières. Qui dit tourisme dit rentrer d’argent pour un pays et donc développement. Sauf que dans ce cas précis, cela veut dire enrichissement de la junte militaire (au pouvoir depuis plus d’un demi-siècle) et donc entre autre réapprovisionnement en armes. Et ça ce n’est pas bon pour le peuple birman et son futur.
Mais les premières élections récentes ont changé la donne et le paysage politique a l’air de s’éclaircir quelque peu. La Birmanie serait-elle sur le point de devenir une démocratie? Peut-être une réponse en octobre prochain.

A Mrauk U -prononcer miaou- le calme et la sérénité envahissent soudain les lieux, et c’est après la rencontre de quelques jeunes birmans du coin que je partais explorer ces anciens temples au guidon de mon vélo sourire jusqu’aux oreilles. La brume enveloppe les collines à l’aube, puis le soleil illumine chaque temple un à un. Instant magique de la journée qu’un lever de soleil à Mrauk U…

Lever de soleil à Mrauk U

Lever de soleil à Mrauk U

Monks of Burma

Prière matinale

Après m’être rendu en stop à la station de bus, j’entamais un long trajet d’une journée. Un premier arrêt pour mettre de l’essence. Un second pour manger. Un troisième pour vérifier les passeports. Encore un pour manger. Et ainsi de suite… pour finalement admirer le ciel étoilé lors du dernier check point.
20 heures de trajet et deux bus plus tard et je mettais les pieds à Bagan, un endroit qui a lui seul fait choisir à des milliers de touristes la Birmanie comme destination de voyage. On vient au Cambodge pour Angkor Wat, les touristes affluents en Birmanie pour admirer les temples de Bagan au coucher du soleil. Tous deux biens différents, mais tous deux tout aussi magiques.

Coucher de soleil sur les temples de Bagan

Coucher de soleil sur les temples de Bagan

Si le décor de Bagan et ses milliers de temple est des plus spectaculaire, l’ambiance business et tourisme de masse m’a quelque peu rebuté, surtout après mon escapade dans l’ouest et les temples de Mrauk U à l’ambiance si calme et paisible.

Light paintingC’est à Bagan néanmoins que je fais la connaissance d’un personnage fort intéressant : Diliz. Sa particularité ?
Parcourir les pays et assouvir sa passion : le Light Painting.

Cet sorte de Street Art je connaissais de nom, mais pour moi cela ne se limiter qu’à écrire des choses dans l’espace avec un appareil photo sur trépied en pose longue.
J’étais loin du compte quand je découvrais les nombreuses possibilités. Un temple de nuit, un appareil photo, un trépied et quelques lampes et les résultats peuvent être étonnant ! Et comme dans la musique expérimental, ce que j’aime la dedans c’est l’expérimentation, la possibilité de créer “au fil de l’eau”.

On essaie des choses et on observe le rendu, un peu à la manière dont on tournerait les potentiomètres qui modulent et transforment les sons.

Je quitte Bagan en train pour Mandalay, autre destination phare du pays…

Le grand départ !

Dimanche 22 juin : 21h00
Ces derniers jours et dernières semaines sont passés bien trop vites. Et je ne parle même pas de ces dernières heures à l’appartement… « Tu vas t’ennuyer maintenant que tu ne travailles plus » me disait-on. S’ils savaient… Les préparatifs, la demande de visa, les derniers achats, les au-revoir à ses amis et proches. Un dernier verre par ici, un dernier verre par là.
Et tout à coup, c’est le jour J est là! Le sac qui jonche le sol depuis déjà plusieurs semaines va enfin pouvoir commencer sa vie.

Un chapitre se referme, et c’est un nouveau qui peut commencer…

Cela fait tellement longtemps que l’on pense et que l’on prépare ce voyage que tout vous revient en pleine face en un clin d’œil ! Trois mois déjà depuis ma démission. J’ai l’impression que c’était hier. Ou bien peut-être une éternité ? Une fois assis dans le bus tout devient confus. Est-ce bien le départ tant attendu pour ce long périple que l’on attend depuis des mois ? Suis-je prêt pour un voyage au long court ? Un an c’est énorme ! Mais tellement court à la fois !

Tout s’accélère, tout s’emmêle dans mon esprit, la notion du temps devient une chose complètement abstraite. Alors je m’allonge, je ferme les yeux et me laisse bercer par la douce musique de Julia Kent en pensant à ces derniers instants passés auprès de ceux que j’ aime. Quelques larmes ruissellent le long de mes joues…et je finis par sombrer peu à peu dans le sommeil. Demain, tout cela sera surement plus clair et aura de nouveau un sens.

Après des heures de trajet, on approche enfin de Berlin. Soirée tranquille dans la capitale allemande, une bonne nuit de repos ne sera pas de trop avant d’attaquer un long périple en stop…direction : Saint Saint-Pétersbourg ! Mon visa russe commence le 1er juillet, je dispose donc d’une dizaine de jours pour rallier la frontière russe. En y repensant, j’aurais peut-être du avancer mon départ, ou décaler mon visa.

10 jours à sillonner les routes de Pologne et des pays baltes, de station-service en station-service, de voiture en voiture. Parfois en compagnie d’un homme silencieux vous emmenant à l’adresse exacte, parfois en compagnie d’un jeune hystérique baragouinant un mélange de lituanien et d’anglais incompréhensible, vous déposant au milieu de nulle part.

 

On part le matin de bonne heure avec le sourire aux lèvres, avant de se maudire d’avoir choisi l’autostop comme moyen de locomotion !

Cependant, ce qu’il y a d’intéressant avec le stop c’est que tout peut arriver. On peut tomber sur un conducteur qui vous emmènera directement à destination en avalant les kilomètres un à un, et puis le jour d’après on n’avance plus. On va de ville en ville, 20 kms par ci, 40 kms par là. Et on se retrouve à devoir planter la tente aux abords d’un lac perdu au beau milieu de la Pologne, car aucun conducteur n’a bien voulu de vous l’espace de 3 heures ! Puis le jour d‘après, la magie opère à nouveau, et le morale revient au beau fixe.
L’autostop n’a rien d’une science exact, il n’obéit à aucune règle. Mais il a ce je ne sais quoi de fascinant et d’excitant à la fois, qui vous donne envie de réitérer l’expérience encore et encore. Outre le fait de savoir si l’on arrivera à bon port, c’est une petite lucarne sur le pays et sa population, ses paysages et sa culture. On se retrouve dans des endroits où l’on n’aurait jamais mis les pieds en prenant un bus. On rencontre des gens avec qui jamais on n’aurait jamais eu aucun contact en visitant le centre-ville. Parfois vendeur, parfois négociateur, agriculteur ou encore routier, c’est tout un panel qui est représenté lorsque l’on se retrouve à tendre le pouce en bord de route.

Je continue petit à petit ma route vers la Russie… traversant la Pologne d’ouest en est, à travers la grande plaine d’Europe du Nord, grands espaces verts traversés de part en part par l’autoroute A2 parsemé de lacs ici et là, avant de rentrer en terres baltes, en commençant par la Lituanie..

5 jours déjà ; la machine est lancée. Les rencontres s’enchaînent, les soirées se suivent et ne se ressemblent pas. Internet et les nouvelles technologies ont changé notre manière de voyager. En ce qui me concerne en tout cas. Plus besoin de partir avec les cartes détaillées de chaque pays traversé. Un smartphone avec l’application qui va bien, et tout devient plus facile. Trouver l’adresse de son hôte, un endroit stratégique où l’on va pouvoir lever le pouce, se repérer dans la ville et trouver un supermarché. Tout est à portée de main. Quelques messages échangés par mail en sirotant une bière, et me voici invité chez un type dans la ville de Kaunas en Lituanie.

La soirée, on la passera à sillonner la ville et ses alentours à vélo, avant d’aller boire quelques bières avec des amis à lui aux abords d’une usine désaffectée. Une tranche de vie parmi tant d’autres… Tuchkus m’aura fait partager un fragment de la sienne, l’espace d’un soir.

Il me faut ensuite songer au week-end. Le plan initial était de rejoindre Riga en Lettonie. Cela sera finalement dans une forêt aux alentours de Trakai que je le passerai, lors du festival de Swampy. La foule n’est pas au rendez-vous, mais les artistes s’en donnent à cœur joie, occupant la scène nuit et jour sans interruption.

P1100898Cette fois ci les festivaliers auront eu de la chance : un temps superbe la journée du samedi, avant l’arrivée de la pluie battante le dimanche après-midi. Pluie qui s’installera sur l’ensemble des pays baltes jusqu’à la Russie, et qui dure encore et encore jusqu’à mon entrée en terres russes….

On commence à se rapprocher du nord et ça se ressent, le soleil se couche de moins en moins tôt et les nuits ne sont plus vraiment noires. Ce soir c’est soirée mexicaine en compagnie de Marys et sa famille, mais aussi de Thomas, venu tout droit de San Diego avec les valises remplies de Tequila. Les bouteilles tombent au fil de la soirée, les fajitas se succèdent, le père sort un whisky canadien. Le lendemain risque d’être difficile pour ceux qui travaillent…

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Cela fait maintenant 3 jours qu’il pleut sans interruption sur tout le pays. Après mon dernier trajet en stop de plus de 650 km à bord du même véhicule entre Villnius et Tallinn, je préfère me rabattre sur le bus pour la fin de ce voyage vers la Russie. Marys me dit que ce n’est vraiment pas gagné de trouver une voiture entre Johvi et St Petersburg, et vu le temps qu’il fait dehors, elle s’abstiendrait.

Ce voyage en stop s’achève donc, après plus de 1500 kms entre Berlin et Tallinn. Je suis loin d’être arrivé à destination, mais après tout, le voyage n’est-il pas le trajet en lui-même et non pas la destination ?

Mon itinéraire depuis ce début de voyage

Trek du Laugavegur

Je me réveille avant l’heure du réveil, aux alentours de 6h00. Et oui ça ne change pas, quand j’ai quelque chose d’important le lendemain matin, et que je dois me lever tôt, je me lève toujours avant le réveil, et ce même si c’est à 5h du mat’ ! Ce matin je ne déroge pas à la règle…
Je plie bagages, et pars de ce pas me doucher, avant de prendre la navette gratuite qui va du camping à la station BSI, située a quelques kms d’ici. Le même trajet que j’avais fait en début de voyage accompagné de l’écossais. Si on avait su qu’il y avait une navette gratuite…
Ticket en poche (7300 Kr tout de même), me voilà sur la route en direction du Landmannalaugar, mon objectif number one de ce voyage.
Après un bref arrêt pour admirer Hekla, l’un des volcans les plus actifs d’Islande, on arrive dans la région du Landmannalaugar : c’est tout simplement magique, irréel, etc… les adjectifs me manquent pour décrire ce paysage venu d’ailleurs ! Des couleurs indescriptibles, des montagnes aux multiples couleurs…
Dans le bus, j’ai rapidement fait la connaissance d’un allemand : Leonard, qui compte lui aussi faire le trek entre Landmannalaugar et Þórsmörk. Il compte également partir dès cet après-midi afin d’effectuer la première étape du trek de 4 jours, qui parait pouvoir s’effectuer en une après-midi.

 

On arrive vers 13h00 sur les lieux, et un islandais propose une marche de deux heures commentée pour 1000 Kr. Après quelques minutes d’hésitations, nous nous inscrivons au groupe. Après avoir fait les « démarches de sécurité » ce qui revient ni plus ni moins à donner ses coordonnées, son itinéraire prévu, quels jours on prévoit d’être à telle étape, et si oui ou non on possède un GPS.

Le tour guidé est très intéressant et j’apprends beaucoup de choses sur la roche volcanique, ses différents types, la formation des champs de lave, etc. Le seul hic, c’est que la première heure de marche, on suit exactement le chemin du trek que l’on devra refaire plus tard…

Vers 16h00 environ, nous nous mettons en route pour le trek, mais cette fois-ci avec les sac-à dos ! J’ai fait le plein de nourritures la veille, du coup le sac doit avoisiner le poids de départ de ce séjour, soit approximativement 13kg. Ouch ! Ces trois prochains jours vont être rudes !
Leo, qui n’avait pas prévu de faire ce trek au départ, n’a qu’un petit sac à dos de 30 L environ, avec tout un tas de choses attachées un peu partout autour du sac. Et en guise de protection contre la pluie, un sac poubelle fourni quelques minutes auparavant.

Leo est allemand et vit dans la région de Munich. Il a 23 ans et est en Islande depuis un peu plus de deux mois. Il travaillait dans une ferme à Húsavík, et était nourri et logé par la famille. Avant de revenir en Allemagne, il a voulu voyager dans le pays pendant trois semaines.

Qui ne le ferait pas ?!Il est vraiment très sympa, et me parle beaucoup de la Nouvelle-Zélande qu’il a adorée. Robert m’en avait également fait l’éloge quelques jours plus tôt. Peut-être une future destination à venir ?
Let’s see…

On marche tranquillement en suivant notre chemin, mais le ciel se couvre de plus en plus. Aïe Aïe Aïe ça ne présage rien de bon. Le Lonely Planet indiquait 4-5h de marche pour faire les 12 kms de la première étape. Mais après seulement 3 h d’effort, nous touchons au but. En effet après plusieurs kms dans la neige, nous arrivons à Hrafntinnusker, premier refuge du trek. Il est trop tard pour continuer jusqu’au prochain ; nous décidons donc de rester ici pour la nuit.

Deux choix s’offrent alors à nous :

  • Dormir dans un des dortoirs du refuge (4800 Kr)
  • Planter la tente dans la neige (1000 Kr)

Pour nous pauvres voyageurs aventureux, nous choisissons l’option n°2, et allons essayer de planter la tente, j’ai bien dis « essayer ». Tout ça sous le regard étonné des autres randonneurs.
Ca caille sévère dehors, et en plus de ça, pas moyen de faire tenir les sardines dans la neige. C’est pas fait pour ça me direz-vous… C’est pas faux ! Heureusement pour nous, d’autres personnes ont déjà expérimenté la veille, et ont eu la bonne idée (et le courage) de creuser à la  pelle afin d’aplanir le terrain.

Deuxième bon point, le gardien nous prête un matelas spécial neige (pour Leo), et un autre classique. Je peux donc poser mon duvet sur trois matelas d’épaisseur ! J’utilise mes bâtons de marche pour consolider le tout, et rentrer toutes mes affaires à l’intérieur de la tente, histoire qu’elle se tienne debout durant une nuit.

Il est 19h passées, et nous partons manger. Le gardien, au début réticent, nous laisse nous mettre au chaud et manger à l’intérieur du refuge. Il m’autorise même à utiliser la neige déjà fondue dans une marmite. Et oui pas d’eau courante dans ce refuge, il faut faire fondre la neige ! Et encore moins de douche chaude évidemment… Ce soir ça sera « à l’ancienne ».

Après un gros énorme plat de riz sauce thaï et un bout de fromage, il faut nous rendre à l’évidence. Nous devons affronter le froid et aller nous coucher. Il est 21h00 à peu près. Je plains vraiment Leo qui n’a qu’un duvet assez léger. Mais au final, une fois glissé dans le duvet (en caleçon), je m’endors paisiblement… en prenant garde à ne pas laisser trainer un bras hors du matelas.

 

Dimanche 26 juin 2011

Levé entre 7 et 8 comme convenu la veille, avec un grand sourire aux lèvres !
J’ai dormis quasiment 10h ; la meilleure nuit du séjour, et tout ça avec un événement particulier durant la nuit : mon premier rêve lucide !!! Magique ! Alex était présent. Superbe expérience… où le fait de pouvoir voler était presque devenu réalité.

On remballe tout, je raconte mon expérience de la nuit passée, et il me raconte sa difficile nuit dans le froid… Pas une très bonne nuit pour lui, mais il s’attendait à pire… On part du refuge vers 8h.
3h30 plus tard, on atteint le refuge d’Alftavatn (12km), et nous nous faisons la réflexion que nous pouvons surement atteindre Emstrur avant le soir, ce qui ferait une grosse journée de 28 km au total. Allez c’est parti on est chauds !

Entre d’Alftavatn et Hvanngil 5 km après, nous rencontrons le premier gué de ce trek. Il fait un temps assez dégueulasse et l’eau est gelée. Au même moment, un suisse nous rejoint, et on continue la marche avec lui jusqu’à Hvanngil. On se quitte à cet endroit, car il a déjà réservé sa nuit depuis longtemps, et ne peut pas se faire rembourser. On mange un petit morceau histoire de reprendre des forces, et on est repartis. Encore un peu plus loin, c’est un nouveau gué à franchir qui nous attend…

Celui-ci est encore plus long et froid que le précédent. On croise un mec dans l’autre sens qui nous dit que pour le prochain franchissement de rivière, il y a un pont. Il est en revanche complètement dépité quand on lui annonce qu’il ya un gué qui l’attend quelques centaines de mètres plus loin…

Après avoir essuyé pas mal de pluie (qui au passage me permet de tester l’efficacité de ma veste Gore-Tex fraichement acquise), on arrive enfin à destination vers 18h00. Nous payons notre nuit (en tente encore une fois), montons notre campement au bord la rivière, et allons nous poser sur la table à l’extérieur. Une petite heure après, Sam, Nick et Tim, trois américains de New York City se joignent à nous. Nick et Tim sont tous les deux professeurs en école primaire. Sam, quant à lui travaille dans la création de site web en freelance. Ils ont la trentaine.

On passe le début de soirée à discuter, et au bout d’un moment: miracle, un rayon de soleil ! Nous décidons donc avec Leo de revenir un peu sur nos pas afin de voir les montagnes qui nous entourent.
Le spectacle est tout autre. Encore une fois, il faut se frotter les yeux pour y croire.

Une heure après, grande surprise. Je vois passer Yann et Fred, les français rencontrés dans la région de Skaftafell et qui m’avaient amené jusqu’à Höfn!
Ils ont commencé le trek un peu avant nous, et ce soir, ils se dirigent vers un canyon situé à 30 minutes d’ici. Je leur dis que je les rejoindrai un peu plus tard. Et après en avoir parlé avec Leo, nous nous mettons en route pour ce fameux canyon. C’est superbe, mais hélas le soleil est déjà dernière les montagnes (il est 23h00). Dommage, si on avait su on y serait allés plus tôt dans la soirée… On rentre au campement vers minuit, on croise sur le chemin les américains qui se rendent à leur tour au canyon.

Le vent se lève, et nous nous couchons vers 00h30.

 

Lundi 27 juin 2011

La nuit a été assez ventée, et nous nous levons vers 8h00. Même rituel que d’habitude. Je range les affaires, plie la tente, mange un Skyr, et nous partons ensemble avec Leo.
Malgré les pronostics de Leo, le temps est toujours très moyen, et surtout toujours beaucoup de vent. Pour aujourd’hui, il ne nous reste « que » 16 kms à parcourir avant d’arriver à Þórsmörk.

Toute la matinée, nous avons l’impression d’être dans le brouillard, mais Fred, que nous retrouvons quelques kms avant l’arrivée, nous explique qu’il s’agit en fait de cendres flottant dans l’air. Cela explique le coté croustillant dans la bouche…

Et oui, nous arrivons dans la région située près du volcan Eyjafjallajökull dont on parlait dans tous les journaux l’an passé. Nous arrivons, tous les quatre, vers 13h00 à l’auberge de jeunesse d’Husadalur.
Les français prennent une hutte, et Leo et moi plantons la tente. Le camping est un peu comme le Saint Graal pour nous. Sauna et douche chaude inclus dans le prix !!!

 

Après une longue douche et un peu de lessive, je vaque à mes occupations et fais la rencontre d’un couple de français : Mathieu et Lucie. On discute un peu, et je les retrouve plus tard à l’intérieur autour d’une bière. Un peu plus tard, je vois le pseudo-jacuzzi, dedans, les trois américains rencontrés la veille. Ils n’arrivent que maintenant car au refuge de la veille, leurs tentes se sont retrouvées dans la rivière à cause du vent. Résultat des courses pour eux : des tentes à faire sécher, le guide trempé, ainsi qu’une bonne partie de leurs affaires.

Je continue ma lessive, et qui est-ce que je vois arriver ?! Uffe, l’allemand rencontré dans la région des rivières chaudes il y a deux semaines. Après 7 jours dans la péninsule de Snaefellsnes. Le monde Islande est petit. Et quelques minutes après, en continuant ma lessive, je recroise les deux américaines avec qui j’avais fait du kayak avec Robert !

Après avoir retrouvé Leo et quelques autres personnes dans la cuisine autour d’un gros plat de riz, on décide de partir pour une petite balade d’une heure dans les environs afin de jouir d’une jolie vue au sommet. Deux allemands se joignent à nous : Cornellus qui vit à Lausanne, et Tina sa copine qui habite Hambourg.

Terre de glace et de feu

Jeudi 16 juin 2011

C’est après une nuit courte mais réparatrice que je me remets en route dans le froid. La température à chutée de plusieurs degrés durant la nuit, et lever le camp est un réel supplice. Mais ce n’est pas le moment de se plaindre, il me reste encore de la route avant de venir à bout des 8 derniers kms ! Et c’est vers 10h que je retrouve la route n°1, avec d’un coté Reykjavik, et de l’autre Sellfoss.

Le stop en Islande ne requiert pas de grandes capacités d’orientations ou de cartes précises. Il n’y a qu’une seule route principale, et cette dernière fait tout le tour de l’île. Une fois arrivé à son niveau, il suffit de choisir le bon coté. Pour ma aprt, j’ai choisit de faire le tour dans le sens des aiguilles d’une montre. Quelques minutes d’attente, et la première voiture s’arrête à mon niveau. C’est ainsi que les véhicules et les rencontres s’enchainent au fil des kilomètres: Un pêcheur, un commercial, un couple de retraités, des touristes, un fermier, etc… Il y en a pour tous les goûts.

Mais chose inhabituel jusqu’à présent : aucune voiture à l’horizon ! Et quand enfin un véhicule arrive à mon niveau, c’est Daniel un postier de 19 ans qui me dit que c’est illégal pour lui de prendre des autostoppeurs dans son véhicule de fonction.
Je comprends, et continue à pieds tel un galérien. Trente minutes que je marche en ligne droite, et le postier me voyant toujours avancer finit par m’embarquer avec lui. Seule contrainte ; il doit continuer à aller de maison en maison déposer le courrier. Pas de problème pour moi, je l’accompagne ! Daniel m’apprend pas mal de choses sur la région, notamment  le fait qu’après l’éruption de l’année dernière, tout était recouvert d’eau pendant un certain temps.  Il finit par me déposer à la chute d’eau Seljalandfoss.

C’est ensuite à bord d’un 4×4 que je continue ma route. Le couple qui l’a loué pour la journée conduit sans trop savoir où aller. En tout cas ils vont dans ma direction. Mais une quinzaine de kms après, un premier gué ! Il a l’air profond, et le couple, n’ayant pas pris d’assurance de ce type pour le véhicule renonce finalement à essayer de le franchir. Ils me déposent donc ici et me souhaitent bonne chance.

Je passe le gué à pieds et continue à marcher droit devant en croisant les doigts. Quelques voitures finissent par passer, mais aucune ne s’arrête. Je ne le sais pas encore, mais je suis encore à 18 kms de ma destination : Þórsmörk. Heureusement la chance me sourit, et un gros 4×4 s’arrête. On franchit une dizaine de gués tous plus gros les uns que les autres, et on finit d’ailleurs par ne plus distinguer la route de  la rivière…
Ils décident de s’arrêter plus loin pour aller voir de plus près le glacier où le volcan a explosé l’année dernière. On voit nettement la fissure et ils m’expliquent qu’ici, il y avait un lac. Après l’explosion, la coulée de lave a « poussé » le lac qui a tout emporté sur son passage.

Je le verrai très nettement sur la même photo de ma mère, prises une trentaine d’années auparavant. Le Avant/Après est impressionnant !

L’arrivée dans la vallée de Þórsmörk est magnifique. Un paysage grandiose qui reflète à lui seul toute la beauté de l’île.

La journée est déjà bien avancée. J’installe le camp, et pars de suite explorer les environs. Cette ballade de quelques heures confirme mes premières impressions, j’ouvre grand les yeux et contemple
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Vendredi 17 juin 2011

Levé vers 7h. Je range tout l’attirail et me mets en route pour le fameux trek Þórsmörk – Skógar, après avoir demandé confirmation de mon chemin. Le ciel, déjà couvert en partant, se couvre de plus en plus. Pas bon signe tout ça…  Et en effet après deux petites heures, je ressens les premières gouttes.

Après une sacrée pente enneigée, je traverse un champ de lave encore fumant. Pas de doute, on est bien sur l’Eyjafjallajökul, celui-là même qui est entré en éruption l’an passé.
Et je continue encore quelques kms dans la neige… avant d’arriver au col! Il est 13h00 environ lorsque je commence la descente, tout en appréciant le paysage au rythme de , ‘The Coldest Season’ qui se marie si bien avec cet environnement de toute beauté et tout simplement irréel.

Après une interminable descente, j’arrive enfin à destination,  après grosso modo 8 heures de marche dans les jambes. Mais il me reste encore quelques forces pour me diriger vers la chute d’eau Skagafoss que j’entends au loin.

Image22Il est déjà 18h00, le vent s’est levé et il fait aprésent bien froid. J’enfile les gants et le bonnet et continue à attendre sagement surle bord la route en levant le pouce.

Il se met doucement à pleuvoir lorsque q’une voiture s’arrête. Le couple me dépose, un américain et moi-même à l’auberge de jeunesse de Vik. Une bonne nuit de sommeil en perspective!

 

Samedi 18 juin 2011

Levé après une bonne nuit de sommeil réparatrice, j’engloutie un bon petit déjeuner. Ce dernier est à volonté alors en tant que bon auvergnat j’en profite!

On laisse les sacs à l’auberge et je pars avec les deux français et l’allemand en direction des pitons rocheux, pour une petite balade de deux heures le long de la falaise. On aperçoit l’arche de Dyrholaey, mais hélas le ciel est très couvert.
Je les laisse ensuite à leur bus (ils ont pris le pass qui permet de faire le tour de l’île en bus, mais sans retour en arrière possible) qui part à 12h. Quand à moi, je vais faire un petit tour sur la plage de sable noir.

Vers 13h00, je me mets en place pour le prochain lift. Et là c’est le drame… après 1h toujours rien !

Puis 30 min après, et quelques pages de 1984 plus loin, je vois un stoppeur se diriger vers moi. C’est une islandaise qui veut aller dans les fjords de l’est. C’est l’une de ses premières fois en stop. Elle me dit qu’elle continue à marcher pour ne pas avoir froid. On se souhaite bonne chance, et elle s’éloigne…
Et là, à peine 300 m plus loin, une voiture s’arrête pour la prendre !!! Arg !!! Sur le coup, je me dis que le chauffeur va peut-être me faire signe de monter aussi mais non… La voiture repart…les joies et les aléas du stop!

Heureusement, 10 minutes plus tard c’est pour moi ! Un couple d’américains s’arrête et me prend. Leen est originaire de Shangaï, et vit avec Randon depuis 6 ans dans l’état de New-York. Elle fait des études pour devenir architecte d’extérieur. Quand à lui, il était dans l’informatique, mais est maintenant dans la chimie biologique (mais programme toujours). Ils sont très sympas et viennent d’arriver le matin à Reykjavik. Ils ne sont là que pour une petite semaine et surtout pour une conférence à la capitale dans deux jours.
Ce soir, ils ont réservé une chambre vers Höfn, mais veulent faire un stop de 2h au parc de Skaftafell, où je vais également. Cool, ce sera donc un ride d’une traite jusqu’à ma destination du jour.

Après quelques informations reccueillies au Visitor Center, je me mets en route pour aller vers le glacier Skaftafelljokull. Petite déception hélas : suite à l’éruption survenue quelques semaines auparavant, le glacier est couvert de cendres et donc tout noir !

De Reykjavik au cercle d’or

C’est après avoir tergiversé un long moment sur une destination future que j’ai jeté mon dévolu sur l’Islande.
Mais pourquoi l’Islande me direz-vous? c’est vrai après tout il y fait froid, il pleut tout le temps, la majeure partie de l’île est inoccupée, c’est désert et les volcans peuvent rentrer en éruption à tout moment! Et bien je pense que c’est un peu tout cela qui attire le voyageur vers l’Islande… Pour ma part, je me dit que c’est peut-être aussi un peu dans mes gênes. Après avoir suivi les traces de ma mère au Népal l’an passé -elle y était allé en 1975- je compte bien continuer sur ma lancée et retourner sur l’un des lieux de ses autres nombreux voyages, et cela 40 ans après exactement.

Est-ce que le  pays a changé depuis 1970? Etant donné que l’on parle d’une île volcanique, dont la dernière éruption remonte à moins d’un an, c’est fort à parier!
Allez, c’est décidé on embarque direction la terre de feu et de glace

Premier voyage en stop, j’ai opté pour cette expérience un récit sous forme de carnet de bord, détaillé au jour le jour, que je retranscrit aujourd’hui dans ce blog.

Dimanche 12 Juin 2011

Après m’être rendu la veille à la capitale, et effectué les derniers préparatifs logistiques, je me rends à l’aéroport Charles De Gaulle.

Il est un peu plus de 17h quand j’arrive à Reykjavík, la capitale du pays. Aujourd’hui, l’Islande m’offre son plus beau cadeau: un magnifique ciel bleu. Nous sommes en plein mois de juin, donc la période où les journées sont les plus longues; le temps est parfait et semble stable, quoi de plus naturel que de commencer dès l’aéroport mon épopée en auto-stop? L’aéroport étant assez petit, surtout comparé à Charles de Gaulle, je peux donc facilement le quitter en marchant.

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Je l’ai vu en arrivant au dessus de l’île, l’aéroport est situé sur la péninsule de Reykjanes, qui est la grande péninsule située au sud-ouest du pays et distante d’environ 40 km de la capitale. La région étant située dans une zone active quant au volcanisme et au mouvement de plaques tectoniques, elle est très pauvre en végétation et donc très exposé au soleil.  Mais après une petite heure de marche,  je choisis de prendre à droite à l’intersection, afin de découvrir cette mystérieuse péninsule, au lieu de me rendre directement en direction de la Reykjavík. Le soleil n’est pas près de se coucher -il ne se se couchera jamais vraiment- j’ai tout le temps pour l’exploration. Et c’est une
 fois sur la bonne route -la numéro 44- que je lève le pouce pour la première fois du voyage.

Image3Cinq minutes plus tard, le geste magique fait son effet et c’est un 4×4 qui s’arrête. C’est un suédois mais hélas il ne m’emmène pas bien loin car il prévoit de rester dans le coin pour se balader un peu. Mais dans le monde de l’auto-stop, toutes les voitures sont bonnes à prendre. Je marche encore une quinzaine de minutes sans qu’aucune voiture ne pointe le bout de son nez, et un couple finit par s’arrêter. Oli, sa femme et leur chien Belly sont islandais et se baladent dans  la péninsule pour le week-end. Oli connait bien la région mais c’est la première fois pour sa femme. Fier de son pays, il veut également me faire découvrir le coin, et m’emmène donc d’abord voir les sources chaudes de Gunnuhver, avant de continuer jusqu’à Grindavík, seul port de la côte sud de l’Islande.

Image5Encore un peu plus loin, Oli me lance:

“Je vais te laisser ici au milieu de nulle part. Tu marches par là tu vas voir c’est magnifique. Et si tu ne trouves personne tu pourras planter ta tente c’est superbe !”

J’évolue donc à présent seul,  au milieu de cette région hostile, en contemplant les champs de lave qui m’entourent.

 


Et c’est alors que la chance me sourit, et un norvégien -la première voiture a passer sur cette route déserte- décide de s’arrêter pour m’embarquer avec lui.

Il vit en Thaïlande avec sa femme, et est en Islande depuis 4 jours. Tout comme le suèdois, il repartira le lendemain matin. L’individu, un photographe amateur, me tent son objectif,  et m’explique que mon “job” sera de tenir son équipement pendant qu’il conduit.
C’est ainsi que je me rend compte que le stop, ce n’est pas seulement aller d’un point à un autre, mais bien de faire des rencontres et un bout de chemin ensemble en découvrant les lieux qui nous entourent. Après un premier crochet par 
Seltún, uniquement accessible par une piste, et où la températur à 1000 mètres de profondeur s’elève à 200 °C, on fait une halte rapide au lac Kleifarvatn.

Image4Après quelques minutes de reflexion,  je décide de l’accompagner jusqu’à Reykjavík, où j’aurai plus de chances de trouver une voiture le lendemain matin qu’ici au milieu de nulle part.

Il est 11 :30pm passé lorqu’il me dépose à son hôtel, d’où je pars à la recherche du camping, à priori non loin d’ici selon un groupe de touristes en terrasse. Le soleil est encore en train de se coucher… comme depuis quelques heures déja, et il le sera encore lorsque je me coucherai a plus de 2h du matin. Ici en Islande, la nuit n’existe pas en pleine période estivale.

Lundi 13 juin 2011
Comme prévu -c’est l’Islande après tout- il a plu durant la nuit, et le ciel est maintenant nuageux. Objectif du jour: partir à la découverte du cercle d’or.

Image8Après une première intention de quitter la ville à pied ou en stop, je me décide à prendre un bus pour  Selfoss, la ville la plus proche.  La taille de la ville n’a rien à voir avec celle de la capitale, ce qui rend le stop beaucoup plus aisé. C’est ainsi qu’en un rien de temps, je me retrouve au champ géothermique de Geysir, lieu très touristique où l’on peut observer l’un des plus grands geysers au monde.
Bien que ce ne soit pas leur route, un couple d’islandais m’emmènent jusqu’aux chutes de Gullfoss, une succession de deux chutes d’eau situées sur la rivière Hvítá. 

Image9Tout s’est parfaitement bien passé jusqu’à maintenant, mais en repartant des chutes: c’est l’attente… jusqu’à la libération. Mon sauveur est un jeune islandais au nom imprononçable qui travaille pour la Grey Line Company, la compagnie de bus nationale. Il est passionné d’histoire, connait beaucoup de choses sur son pays, et chose intéressante, il ne va nulle part en particulier, mais me demande où je voudrais aller.
On commence avec
 le Kerio, un ancien volcan dont l’éruption remonte à 6500 ans, et où Björk a déjà donné un concert sur un radeau flottant au milieu du lac au fond du cratère.  Nous continuons notre petit tour vers l’ouest et arrivons dans le parc national de Þingvellir, le premier parc national du pays, notamment connu pour être le lieu de fondation du premier parlement démocratique en 933 par les Vikings. Il ne reste certes que des vestiges, mais d‘avoir mon guide islandais improvisé aide beaucoup à se projeter dans l‘histoire plus de 1000 ans en arrière!

Nous passons également dans l‘immense vallée d’effondrement, causée par l‘écartement des plaques eurasienne et nord-américaine, et notamment au pied des falaises d‘Almannagja. Les femmes jugées coupables d‘adultère ou d‘infanticide étaient noyées dans la mare de Drekkingarhylun, et depuis 1907 les gens jettent des pièces dans le gouffre aux pièces: Peningagja

Image10Retour à la capitale, mon compagnon islandais m’aura balader dans tout le cercle d’or pendant plus de 4 heures. Je viens de découvrir l’hospitalité islandaise.

Mardi 14 juin 2011
Au programme de cette journée grise: visiter Reykjavík le matin, et partir en stop dès l’après-midi vers l’est.

Reykjavík  -qui veut dire la baie des fumées en islandais, se situe à 250 km au sud du cercle polaire arctique. La ville est peuplée d’environ 120 000 habitants, et si l’on rajoute l’agglomération, la capitale regroupe quasiment les deux tiers de la population de l’île. Autant dire que le reste du voyage va s’annoncer assez calme en terme de bain de foule.
Je laisse mon sac à la consigne du camping, et pars à pied  rejoindre le centre ville  situé à 40 minutes de marche. Je commence par le parlement, que le jeune islandais m’avait montré la veille au soir lorsque l’on était passé devant en voiture. L’Alþing est le parlement unicaméral (une seule Chambre) de l’Islande. Fondé à l’origine en 933 dans le parc de Þingvellir, il est considéré aujourd’hui comme le plus vieux parlement d’Europe !
En continuant en longeant le bord de mer, je passe devant l’église luthérienne de Hallgrímskirkja, fameuse pour son architecture quelque peu déroutante et symbole de la capitale.

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Je me balade encore un peu dans le centre ville avant de m’arrêter et d’avaler un  hot-dog bien gras au Bæjarins beztu. Ce stand, qui fut ouvert en 1937 et élu meilleur stand de hot-dogs d’Europe par le quotidien britanique The Guardian, à également accueilli Bill Clinton. Ici, on mange le hot-dog  “eina með öllu”, c’est à dire accompagné de toutes sortes de condiments.

Je termine mon tour de la ville n passant au Perlan situé sur la colline d’Oskjuhlio, afin de profiter d’une magnifique vue sur toute la ville et l’océan.

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La fatigue se faisant ressentir, le temps maussade et le moral dans les chaussettes, je décide de rester encore une nuit au camping et de ne partir que le lendemain matin. Une fois la tente re-plantée, je fais la connaissance de deux autrichiens qui m’offrent ma première bière sur le sol islandais: la Viking, ainsi que que David un irlandais. Philip est graphiste et fait également un peu de musique. Il a monté sa boîte avec un ami – http://www.daskleinebuero.at -, et apparemment ça fonctionne plutôt bien ! « L’avantage de ce job, c’est que tu peux prendre des vacances quand tu veux »

Après une soirée à refaire le monde et à échanger quelques noms d’artistes, je pars prendre congé et me reposer.

 Mercredi 15 juin 2011
Javais convenu la veille avec David que je le rejoindrai sûrement pour une balade d’une journée dans la région d’Hengill, avec en prime  une baignade dans les rivières chaudes dont m’avaient tant parlé les deux autrichiens la veille. Nous marchons avec nos sacs à dos jusqu’à la station BSI, la gare routière de Reykjavik qui se trouve à environ 2 kms du camping, ce qui nous permet de faire plus ample connaissance.
David est irlandais du nord, mais vit en Ecosse depuis maintenant 6 ans. Il va être prof de math pour les 10-11 ans, mais prend d’abord le temps de voyager un peu. Il a 27 ans mais a déjà énormément voyagé autour du globe : 6 mois en Amérique du Sud, Nouvelle Zélande, Australie, etc… et après l’Islande, il compte relier avec des amis, Istanbul à l’Ecosse en vélo et en un mois ! A la station BSI, on retrouve Uffe, un allemand que David a rencontré la veille au camping. Il a la quarantaine et est géologue. C’est sa sixième fois en Islande.

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Arrivé à destination: Hveragerðil’endroit dégage une forte odeur désagréable d’œufs pourris. En effet l’endroit contient une grande quantité de sources chaudes que les islandais utilisent pour produire de l’électricité. On apprend d’ailleurs que plus de 80% de l’énergie produite en Islande est « renouvelable ».

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Après quelques heurs de marche, nous continuons tranquillement notre ascension, avant d’ arriver devant de la neige. Je commence à comprendre pourquoi il est indiqué dans le guide que que la balade est dangereuse et déconseillée pour les personnes non accompagnées.

En effet, si l’un de nous tombe pendant la traversée de la pente enneigée, c’est directement dans le vide qu’il se retrouve projeté, quelques centaines de mètres plus bas. David me fait d’ailleurs une grosse frayeur en tombant, mais heureusement ne dévale la pente que sur un mètre ou deux. Le temps passe, et la balade se révèle être beaucoup plus longue et fatigante que nous pensions, mais vers 18h30, nous arrivons enfin à la récompense : la rivière chaude. En fait il y a deux rivières: une extrêmement chaude, peut-être à 100°C, et une deuxième très froide. Les deux rivières finissent par ne former qu’une et mélanger leurs eaux, ce qui en résulte une rivière à température raisonnable, tout de même à une 40aine de degrés. Mais qu’est-ce que ça fait du bien ! Mes pieds me remercient.

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Il est maintenant bientôt 19h00, et David repart  terminer la balade et rejoindre Reykjavik en stop, suivi de l’allemand peu de temps après. Quant à moi, ne retournant pas à la capitale, je pense passer la nuit ici, bercé par le son de la rivière. J’hésite un peu au début, sachant que le camping sauvage est surement interdit, mais quand je vois une autre tente un peu plus loin, je n’hésite plus. Le prolbème en Islande par rapport à d’autres pays, c’est que la nuit il ne fait pas vraiment noir, du coup on est plus facilement repérable et partir tôt le matin ne suffit plus.
Je monte donc ma tente avant de m’effondrer de fatigue pour quelques heures lorsque j’entends des gens parler non loin de ma tente. C’est un couple d’islandais venu passer la soirée en amoureux

Le vent souffle pas mal cette nuit, et j’entends plusieurs fois des voix non loin de ma tente. Et oui en Islande il fait jour tout le temps, du coup il y a des promeneurs même à 2h du mat !

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Pour voir les photos, c’est par ici