Vacances en Thaïlande !

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Bangkok
LANGUE: Thaï
REGIME POLITIQUE: Monarchie constitutionnelle
POPULATION: 66,720 millions
DEVISE: Baht (฿)
PIB / Hab: 5 800 $


C’est le 1er Novembre que je fais mon entrée au pays du sourire, la bien-connue Thaïlande. Comme il est coutume en Asie, les 12 heures de bus annoncées depuis Phnom Penh se sont bien vite transformées en 16 heures… Parti à 8h de la capitale cambodgienne, ce n’est que vers minuit que j’arrivais à Bangkok, après de nombreux changements de bus et une attente à la frontière près de Koh Kong.

Tiesda l’un des fils de Muoy m’accueille dans sa magnifique maison située à 20 kms à l’est du centre de Bangkok.
Passionné de planches à voile depuis de nombreuses années, il a révolutionné le milieu en créant de nouvelles planches à l’époque et ses bureaux sont à deux pas de chez lui. Egalement devant sa maison: un lac artificiel où les férus de wake-board viennent s’adonner à leur passion les week-ends et pendant la pause déjeuner.
C’est tout naturellement que je décidais de m’essayer à ce sport en remettant à plus tard les visites de Bangkok.

Après quelques jours à me perfectionner en wake-board et à visiter un peu la ville, je mettais les voiles sur la province de Chiang Mai, avec ses montagnes nimbées de brume et sa capitale parsemée de temples.

Trek dans la jungle, rencontre avec les éléphants, cours de cuisine thai, temples par dizaines, les activités ne manquent pas dans la région, et ma semaine passe en un clin d’œil.
Virak, présent également au mariage la semaine passée m’a rejoint et m’initie à la slackline dans le parc.

Les locaux, d’abord intrigués, finissent par se joindre à nous, et d’autres slackers posent à leur tour leur ligne. L’ambiance est bonne, les sourires sont sur chaque visage; encore une très belle journée passée dans la cité détendue de Chiang Mai!

Noix de coco fraiche, sticky rice et mangue, pad thaï, fried rice, kôw soy, curries, etc… Chaque jour mes papilles ont droit a une explosion de saveurs, les différents marchés de jour et de nuit étant le lieu rêvé pour goûter à toutes ces nouvelles choses.
La Thaïlande est définitivement une destination incroyable en matière de cuisine!

Yout (stop!), Saii (gauche), Kwa (droite), Pai (avance), toii (recule), Bao Bao (doucement), Di Di Di (c’est bien!), Bon Soung (ouvre la bouche).
Le langage des éléphants n’a bientôt plus de secrets pour nous, et le trek dans la jungle m’a ouvert les yeux sur l’incroyable efficacité et polyvalence du bambou.
Cuire du riz, des oeufs; Fabriquer un verre, une cuillère, un couteau; construire une maison. Le bambou sert à tout!
Son seul  défaut est qu’il ne dure pas longtemps et qu’il faut donc souvent le renouveler.

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Notre terrain de jeu pour trois jours de trek

Point de rencontre avec les femmes girafes, mais la découverte du peuple des Karen, une ethnie minoritaire d’Asie du Sud-Est habitant dans des villages isolés au cœur des montagnes.

Une semaine bien trop courte pour vraiment découvrir le Nord du pays. Je reviendrai j’en suis sûr, mais en attendant je dois rejoindre Bangkok via le train de nuit pour y retrouver une personne qui m’a beaucoup manqué ces derniers mois…

Il est 14h00 lorsque Mathilde et moi nous retrouvons à l’aéroport de Suvarnabhumi:
                                                 Les vacances en Thaïlande peuvent à présent commencer…


Trop tard pour rejoindre directement l’île de Koh Chang non loin de la frontière cambodgienne. Nous devons faire une première étape à Pattaya pour la nuit.

PATTAYA. Un nom qui résonne dans nos têtes d’occidentaux… Station balnéaire très touristique où il fait bon faire trempette la journée -ou faire de la planche à voile comme avec Tiesda la semaine passée-, Pattaya tombe les masques à la nuit tombée.
Grand bordel à ciel ouvert, ville de tous les vices, les bars a filles semblent partout, et les occidentaux de tout âges en manque de sexe, assis seuls au bar et sirotant leur bière attendent leur future proie.

En flânant un peu sur la toile on trouve facilement un tas d’information sur la prostitution en Thaïlande. Certains sites à titre purement informatif, et d’autres rentrant beaucoup plus dans le vif du sujet!
Et comme on a vite fait de se perdre dans l’immensité du web en cherchant une infio précise, j’en apprends un peu plus que prévu. Ainsi il semblerait que les bars à pipe soient assez tendance à Bangkok, parfait semble-t-il pour bien commencer une journée dans la capitale pour certains expats!
Dernier coup de cœur si vous voulez apprendre l’art de “rencontrer” des filles thaïlandaises, c’est par la!

Les narco-touristes vont à Amsterdam fumer de l’herbe, tandis que les amateurs de tourisme sexuel s’envolent pour Pattaya, Bangkok ou Pukhet… Amsterdam a son quartier rouge, ici à Pattaya la ville tout entière semble être le quartier rouge.

Après nous être fourvoyer dans la ville, nous trouvons enfin une chambre dans notre budget dans un coin plutôt tranquille. A la vue de la charmante dame au décolleté transparent et plus que plongeant, et du petit vieux bedonnant lui faisant la conversation, je crois qu’il n’y a plus de doute possible. Nous avons atterri dans un hôtel de passe…
Pas mal comme endroit pour une première nuit de retrouvailles! Heureusement nous nous dégotons tout de même un bon petit restaurant thaï où passer la soirée.

Nous refermons vite le chapitre Pattaya et mettons les voiles sur Koh Chang une petite île paradisiaque encore peu connue.

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Ko Chang

Magnifiques points de vue, nourriture thaï à se damner, snorkeling dans les îles aux alentours. On laisse vite tomber nos plans de rejoindre Koh Käi et Koh Kut pour nous concentrer sur l’exploration de ce petit bijou qu’est Koh Chang.
En plus de ça Mathilde n’est pas venue les mains vides, et on profite d’un superbe coucher de soleil pour se faire un bon apéro français dans les règles de l’art!
Il va s’en dire que St Nectaire, comté, saucisson et Saint Joseph passent tout seul après ces longs mois d’abstinence…

On comprend très vite la renommé de la Thaïlande en terme d’îles paradisiaques. A scooter dans les montages, à manger dans les petits boui-boui en bord de route et à se régaler de jaquier, ananas et autres ramboutans.
Un jus aux fruits de la passion par ici, un pad thaï par la. Et toujours pour finir la journée en beauté ces magnifiques couchers de soleil dont on ne se lasse jamais…
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La suite logique? Direction plein sud, sur la côte d’Andaman en plein cœur des pics karstiques qui caractérisent si bien la région. Le temps s’est un peu gâté mais on peut profiter au sec d’un tour en bateau dans la baie de Phang Nga. Et comme on aime pas faire comme tout le monde et suivre la masse, on prend un longtail boat depuis la ville de Phang Nga et non depuis Krabi ou Puhket, ce qui nous laisse la visite de la fameuse James Bond Island au calme, avant d’arriver sur la petite île de pécheurs Ko Panyi.

James Bond Island

Ko Panyi, ce village sur pilotis occupé par une communauté de pécheurs musulmans est un nid à touristes à l’heure du déjeuner.
Des centaines et des centaines de tables, répartis sur plus d’une dizaine de restaurants alignés en bord de mer.
Après plusieurs minutes de réflexion, nous avons calculé que l’île pouvait acceuillir plus de 5000 couverts. Je n’ose même pas imaginer le spectacle pour ces pauvres locaux quand des hordes de touristes débarquent à heure fixe jour après jour.

Pour nous l’expérience est complètement différente. Nous ne sommes qu’une poignée d’occidentaux à avoir fait le choix de passer la nuit sur l’île. Et quelle expérience! Le village est à nous –et aux locaux cela va de soi– et il fait bon se balader la truffe au vent dans les petites ruelles du village.
Le décor est fantastique et assez inhabituel; une mosquée, un terrain de foot flottant, des femmes voilées, des enfants qui font des glissades dans les rues mouillées. Et tout autour de nous, toujours ces pics karstriques tous plus impressionnants les uns que les autres.

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Terrain de foot flottant de Ko Panyi

17 décembre 2014: Pas de soleil ce soir mais un gros orage pour la soirée. L’atmosphère des lieux devient irréel. Sommes-nous au pays des elfes et autres créatures fantastiques?
En tout cas un environnement idéal pour célébrer mon anniversaire!
29 ans déjà le bougre…
La propriétaire des lieux, après avoir disparue pendant plusieurs heures, revient avec le dîner. Orgie culinaire pour nous deux et un autre couple de belges logeant ici : Curry de poulet, énorme poisson entier grillé, légumes sautés, omelette, etc… on sort de table le ventre bien plein.
Le temps se gâte de plus en plus –il semblerait que la mousson fasse un retour en force sur l’ensemble du pays, de Bangkok à la Malaisie– mais on décide quand même de tenter notre chance du côté de Krabi, toujours sur la côte d’Andaman.

Railay : Paradis terrestre des grimpeurs chevronnés avec ses plus de 500 voies accessibles, on ne pouvait passer à côté d’une session de grimpe dans la région! Il semblerait d’ailleurs que je me sois amélioré depuis le Laos! Quelques voies 5c et 6a, dont une de 30-40 mètres ! Inutile de préciser que la vue depuis le sommet est idyllique…

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Point de vue sur Railay Beach

La persistance du temps plus que maussade –de véritables déluges parfois– nous fait beaucoup hésiter et vagabonder à droite à gauche, ne sachant où monter le camp pour les fêtes de fin d’année…
Une brève excursion sur l’île de Ko Phihi, repère à touristes rendue célèbre après la sortie du film “La Plage” nous plait beaucoup par sa beauté et es petites plages isolées, mais reste très surpeuplée en cette période de fêtes.
Les tarifs flambent !

Ko Tarutao

L’idée d’une escapade sur l’île Ko Tarutao à la frontière avec la Malaisie et de jouer les apprentis Robinson sous tente pour Noël nous plait beaucoup .
Gros changement dans la région où l’on sent l’influence musulmane. Après tout nous sommes tout près de la Malaisie à présent!

Hélas le temps, toujours aussi gris et pluvieux et la quasi non existence de touristes et d’infrastructures nous file un peu le cafard.
Rester ou partir?

Ok on est sur la même longueur d’ondes, et on décide de migrer vers la côte est dans les îles du golfe de Thaïlande. Trop tard pour attraper le dernier bateau pour Ko Phangan, on se rabat pour Ko Samui

La encore on manque le bateau de peu et devons attendre plus de 3 heures le prochain. C’est vers plus d’une heure du matin que nous arrivons enfin sur l’île.
Pas grand chose d’ouvert à cette heure tardive. On marche un peu le long de la mer jusqu’à trouver un hôtel ouvert.
“- Do you have any room available?
 – Yes I have. 400 baht. Please follow me”
Et merde nous voila de nouveau dans un hôtel de passe! Sympa pour une veillée de Noël.
Saviez-vous qu’à Ko Samui dans les quartiers un peu reculés, c’est 40 bahts la pipe? Nous l’apprenons à nos dépends en restant un peu trop de la fenêtre ouverte…
Le temps ces derniers jours étant plus que médiocre, on décide de laisser de coté les sorties en bateau et on se rabat sur la bouffe… Pour le soir de Noel on choisit la simplicité en déambulant sur le marché de nuit.
Mathilde a les yeux qui pétillent: on a trouvé un stand qui fait des blinis et autres spécialités russes!

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Marché local

Puis on décide de re-fêter encore une fois mon anniversaire en goûtant à la cuisine thai-fusion. Curry jaune de canard fumé, tourte au poulet sauce curry et mangue fraiche, tartare de thon épicé, etc… Pleins de nouvelles idées à expérimenter à mon retour! Notre palais est plus que ravi, et notre ventre ronronne de bonheur.

“Joyeux Noël !”

Et puis avec ce temps gris, je me replonge tranquillement dans Flash ou le Grand Voyage pour la énième fois. Nous ne sommes pas en Inde ou au Népal, mais ce livre se lit toujours aussi bien en voyage…
J’aime toujours autant le style du livre. Je crois même qu’inconsciemment je m’en inspire beaucoup lorsque j’essaie d’écrire.

Beaucoup trop de trafic sur Ko Samui, on décide comme prévu de nous rendre sur Ko Phangan, la cadette insoumise des trois îles du golfe.

Heureusement pour nous: pas de Full Moon Party a venir ces prochains jours. Mais le nouvel an approche, et on peine à trouver un logement. On finira par en dégoter un après quelques heures de recherche à scooter.

Je dis heureusement car si les Full Moon Party de l’époque devaient fort ressembler à leurs homologues de Goa, elles ne sont devenues aujourd’hui qu’une simple attraction pour touristes, où l’on peut acheter sur internet son “pack soirée” comprenant logement, bateau, soirée et boissons…

Et puis les Full Moon Party restent les plus “grosses” et “connues”, du coup à ces moments la l’île est innondée de touristes fêtards et les prix grimpent en flèche.

Aujourd’hui Ko Phangan est devenue l’ILE pour faire la fête en Thaïlande. Parce que les Full Moon Party ne suffisaient plus, sont arrivées les “Half Moon Party”, les”Black Moon Party”, les “Acid Moon Party” et tout un tas d’autre soirées. La soirée est devenue un véritable business ici, au même titre qu’a Ibiza.

A la différence qu’ici on écoute de la Trance majoritairement, tout comme à Goa –même si cette affirmation est de moins en moins vrai de nos jours pour Ko Phangan comme on peut le voir en visionnant la vidéo officiel de la Full Moon-.
Après pas mal de recherche sur internet on dégote la bonne info: “Experience” un festival Trance de quatre jours sur Ko Tao, avec une pré-soirée à Ko Phangan: Banco on a notre nouvel an assuré et une journée de remplie à Ko Phangan!

Lors de la soirée du 31, la foule bat son plein. Ce soir –contrairement à la veille– il y a en a pour tous les goûts. De la jeune asiat en bikini se trémoussant langoureusement à l’australien baraque ne sachant quoi faire devant cette musique diabolique, en passant par l’ancien habitué en pleine monté d’acide se tortillant d’extase.
Attention cependant, ici encore plus qu’à Goa en Inde la police veille. Des hommes en uniforme et des policiers en civil circulent dans l’enceinte du festival.

Espace Chill-out

Grande scène

Quatre jours et nuit de musique non stop c’est bien, mais on profite de nos après-midi pour visiter l’île à scooter et souffler un peu.
Le beau temps est de retour depuis notre arrivée, et les eaux turquoises scintillent dans les baies. Sur les petites rues de l’île, ce sont les montagnes russes! Des montées et des descentes vertigineuses avec des pentes parfois dépassant les  20%.
Mais toujours ce spectacle fabuleux à chaque virage, à chaque point de vue.
Gros coup de cœur pour cette île. Il y a fort à parier que je revienne dans un mois pour y passer mon brevet de plongée sous marine!

point de vue de Ko Nang Yuan

Ko Nang Yuan Viewpoint à Ko Tao

Après ces quatre jours passés sur la magnifique île de la tortue, on repart vers Bangkok et nous rendons directement dans la province de Kanchanaburi pour voir un peu le nord de la Thaïlande avant le retour de Mathilde.
Superbes cascades au programme, un certain pont de renommée mondiale au dessus de la rivière Kwae.
Ici le climat est plus frais, on a laissé les touristes tatoués et musclés des îles du sud de coté pour nous retrouver dans une atmosphère beaucoup plus calme et relax.

Un grand bol d’air pour terminer ce séjour en amoureux dans un pays où le sourire est quelque chose de naturel, où les gens sont simples et respectueux. Un énorme contraste avec les touristes occidentaux où le culte du corps est devenu une obsession et une priorité.
Une belle leçon de vie de la part du peuple thaï.

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Huay Mae Khamin Waterfalls

Aux confins du Triangle d’Or

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Vientiane
LANGUE: Lao
REGIME POLITIQUE: République état communiste
POPULATION: 6,477 millions
DEVISE: Kipp Laotien (LAK)
PIB / Hab: 1 645 $

 

Après une sortie difficile du territoire chinois -il semblerait que je devrais peut-être me raser avant le passage de la prochaine frontière-, le Laos m’accueille à bras ouvert. “Enjoy your trip in Laos” m’annonce fièrement le douanier. Et c’est ainsi que j’entrais au Laos le 2 octobre 2014, pour arriver à Luang Nam Tha dans le nord du pays.
Accompagné d’une israélienne et d’un néo-zélandais, nous arrivons à la tombée de la nuit. A peine descendus du bus, et nous voici assaillis par de vielles femmes vêtues d’habits traditionnels: des membres de l’ethnie des Akhas, l’une des plus importantes du pays. Après avoir insisté quelques minutes pour nous vendre ses bracelets fait main, elle nous présente très naturellement de l’herbe, puis de l’opium. Après tout nous sommes à présent au cœur du fameux Triangle d’Or, et même si une certaine aire est révolue et que la culture d’opium a aujourd’hui quasiment disparue, le passé a fait son oeuvre et laissé ses marques indélébiles.
“30 000 kip, et envolez vous vers les paradis artificiels” semble nous suggérer cette vielle femme aux traits marqués.
Étrange que ce premier contact avec la population locale pour notre arrivée au Laos.

Excusez-nous madame, mais on a un endroit où dormir à trouver avant la nuit…

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Environs de Luang Nam Tha

John est motard depuis des décennies, et c’est tout naturellement que nous partons dès le lendemain matin pour deux jours à moto dans la jungle environnante. Plus qu’un compagnon de voyage, il sera un instructeur hors pair, et m’enseignera tout un tas de choses sur ces engins à deux roues motorisées
Ce n’est finalement que mon deuxième essai sur ces motos manuelles, et bien que selon lui je me débrouille plutôt bien, j’ai encore beaucoup à apprendre dans ce domaine.

Et heureusement qu’il est là ce John, car j’aurais eu quelques frayeurs si j’avais été seul dans ces chemins boueux serpentant à travers jungle. Des kms et des kms de boue, de chemins défoncés, de cours d’eau à traverser. Un faux mouvement, et c’est une dizaine de mètres plus bas que la moto pourrait se retrouver !

A la fin de cette première journée et après quelque 110 kms parcourus, nous voici au bord du Mékong, fleuve mythique d’Asie du Sud-Est prenant sa sources sur les hauteurs de l’Himalaya. Face à nous sur l’autre rive: la Birmanie. Hors de question pour nous d’aller y faire un tour, cette frontière étant fermée aux étrangers. C’est donc par la fenêtre de notre chambre que nous observons ce pays qui semble si proche et si loin à la fois.
Patience. En janvier, je devrais y faire un tour en passant par la frontière thaï.

Le deuxième jour nous continuons sur un chemin de gravier poussiéreux, avant de s’aventurer à nouveaux dans de petits chemins boueux. Nous traversons beaucoup de petits villages ruraux, et dans ces derniers, toujours le même constat. Tous les enfants nous courent après, nous saluent, nous lancent des “Sabaidi” et nous offrent leurs plus beaux sourires. Et qu’ils sont beaux ces enfants laotiens!
Le Nord du Laos est définitivement un endroit fascinant à explorer à moto, où l’on se retrouve vite loin de la “civilisation” et seuls touristes à des kms à la ronde. Mais sil y a aussi souvent beaucoup d’étonnement de la part des villageois. Mais que peuvent donc bien faire ces étrangers si loin des spots touristiques?
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13h30, nous arrivons après plus de trois heures de route dégueulasse et d’embourbements multiples dans un nouveau village. A peine le temps de demander notre chemin qu’un policier/militaire nous fait signe de faire demi-tour. “No Pahleng. Go this way!”
Impossible de continuer plus loin, l’individu n’a pas l’air de vouloir revenir sur sa décision sans un laisser-passer. Où peut-donc bien mener cette route-qui semble sur le plan nous permettre de boucler la boucle et revenir à Luang Nam Tha. Nous ne le saurons probablement jamais, et sommes contraint de faire demi-tour et reprendre ces chemins inhospitaliers pendant encore de longues heures.

De retour en ville et la moto rendue, quelques chauffeurs nous interpellent depuis leurs hamacs suspendus dans leurs tuc tuc. Ils sont finalement presque ravis de nous voir décliner leur offre pour repartir tranquillement à l’activité favorite des laotiens : la sieste.
Le Lao PDR pour Lao People’s Democratic Repubuplic est d’ailleurs souvent remplacé ironiquement par Lao: Please Don’t Rush ! Et l’on comprend pourquoi…

Je laisse à présent les sports mécaniques pour quelque temps, et pars pour un trek de trois jours dans la zone protégée du parc national Nam Ha!

Accompagné de notre guide local, nous partons nous enfoncer dans la jungle. Il a plu il n’y a pas si longtemps, et le sol est terriblement boueux depuis. Après avoir traversé quelques rivières à gué et marché quelques heures, c’est l’heure de la pause déjeuner.

Entouré d’arbres à papaye et autres fruits exotiques,  nous nous installons dans une petite cabane en bois autour d’une grande feuille de bananier faisant office de table.

Insectes, riz gluant, pousses de soja et bambou composent notre repas. L’estomac plein, nous repartons à travers la jungle, avant d’assez vite en ressortir et se retrouver au milieu de champs de riz.
Il y a encore quelques années, la région était recouverte de champs de pavot. Depuis 2005 cependant, les champs de riz ont remplacés intégralement ces derniers, et la culture d’opium est maintenant devenue quasi inexistante au Laos, tout comme son voisin la Thaïlande.
Du Triangle d’Or, ne reste plus que la Birmanie en tant que réel producteur d’opium, et qui cependant n’est qu’une goutte d’eau comparé à l’Afghanistan toujours premier producteur mondial.
Quelques champs subsistent néanmoins au Laos pour des fins médicales, et l’on peut imaginer qu’il y en a encore toujours quelques uns cachés dans les zones reculées de la jungle.

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Hmong: Homme libre

En fin d’après-midi nous arrivons dans un village de l’ethnie des Hmongs. Notre guide, qui semble ici pour la première fois tout comme nous, tente sa chance dans différentes maisons pour demander le gîte pour la nuit. La deuxième fois sera la bonne, et nous voici accueilli par un vieil homme dans son humble demeure. Comme dans les autres villages traversés depuis mon arrivée, le bonheur des enfants se lie sur leurs visages, et la bonne humeur règne dans la communauté. “Sabaidi, Sabaidi”, “Sabaidi Phalang !” nous salue chaque petite tête brune.
Tous ces enfants semblent si heureux de vivre. Partout des cochons, des coqs, des poussins, des chiens. Une véritable ménagerie!
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Aujourd’hui c’est jour férié au Laos et les enfants jouent dehors, mais il y a bien une école pour tous dans le village. Nous déambulons tranquillement dans les petites rues, parfois nous arrêtant pour une gorgée de Lao Lao improvisée chez l’habitants.

Notre hôte passe la soirée a nous expliquer ses coutumes, ses croyances, le mode de vie de la communauté Hmong. Ces derniers sont animistes, et pratiquent certains rituels et cérémonies avec une dose de chamanisme.
Le lendemain, il enfile sa tenue traditionnelle et prend sa flûte, avant d’interpréter pour nous une “danse de la mort”.
Le son particulier et envoûtant de la flûte nous glace le sang, et nous restons ahuris devant cette performance de quelques minutes où l’on peut clairement ressentir et comprendre son appellation.

Le dernier jour, nous descendons la Nam Tha à kayak. Six heures de navigation au milieu de la jungle, dévalant les rapides et nous laissant porter par le courant. Personne n’est tombé à l’eau cette fois-ci, et c’est quasiment sec que nous rentrons tous à la ville pour clôturer ces trois jours d’expédition.

Voilà bientôt une semaine que je suis dans la région de Luang Nam Tha, et il est maintenant tant de doucement me diriger vers le sud, direction Luang Prabang la capitale culturelle du pays.

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Coucher de soleil sur le Mékong

Pour se déplacer au Laos, il n’y a pas que le bus. Le train n’existe pas ici, mais un moyen de transport très répondu dans le pays reste le bateau. C’est ainsi que je décidais de me rendre à Houay Xai à la frontière thaï, pour embarquer sur un bateau lent direction Luang Prabang.

Deux jours à sillonner les eaux boueuses du Mékong, avec une halte pour la nuit à Pakbeng. Les rives du fleuve sont superbes, et ces deux jours de repos ne sont pas du luxe après toutes ces aventures dans la jungle laotienne.

Accompagné de quatre autres français, je visitais Luang Prabang et ses environs comme les belles cascades de Tad So.
Bien que très joli, Luang Prabang est un choc pour moi. Nous sommes encore en basse saison, mais les touristes sont déjà partout, et les prix flambent.

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Tad So, dans la région de Luang Prabang

Après quelques jours, je n’ai qu’une envie : sortir des sentiers battus et rester dans le Laos authentique que j’ai pu découvrir dans la région de Luang Nam Tha. Et pour sortir de ces “routes touristiques”, quoi de mieux que de le faire à moto pour avoir une liberté totale.
Ça y’est, l’idée d’acheter une moto venait de germer dans mon cerveau, et je me mettais à la recherche de la perle rare, sillonnant la ville et demandant à chaque magasin de location de moto, aux guesthouse, etc…

C’est finalement en parlant à un local dans la rue, que ce dernier me présente à un de ses amis qui cherche à vendre son scooter.

Mes recherches n’ont pas été très fructueuses jusqu’à maintenant, et cette opportunité est pour ainsi dire ma seule chance d’acquérir un véhicule si je ne veux pas y passer la semaine. Surement une erreur de ma part, car en me pressant je ne suis pas vraiment en position de négociation et peine à faire baisser le prix.

Le cash échangé de main à main, me voici propriétaire d’un scooter Honda Wave 100. Après tout je suis en Asie, et autant voyager à la locale en me procurant LE modèle le plus répondu dans toute la région. Un peu viellot certes, mais le tout semble solide et fiable!
0 à 60 km/h en 10 secondes, 4 vitesses, démarreur électrique, 47 000 kms au compteur (bon en pratique il doit être au moins du double), un vrai bolide prêt à avaler les kms de piste et d’asphalte durant mon séjour au Laos!

Les papiers en poche, je partais dès le lendemain matin de bonne heure direction Van Vieng…

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