Transsibérien et Baïkal, Bienvenue en Sibérie!

P1110996“L’avion est un mode de transport qui détourne de l’expérience du voyage, qui limite l’esprit. Avec le train, non seulement  vous voyez chaque lopin e terre qui défile, mais vous percevez plus clairement la réalité des distances.”

Mark Smith, fondateur du site seat61.

Lundi 14 juillet 2014 : 00h35 (Heure de Moscou)
Embarquement à bord du train n°100 à destination de Vladivostok.
Vous souriez et tendez votre sésame à la provodnitsa qui vous indique votre place pour votre séjour à bord. Place n°14, wagon 14, couchette du haut. Je dis séjour car ce voyage va durer… 4 nuits, 4 jours. 5180 kms de Moscou à Irkoustk, à travers, plaines, taïga et steppes. 87 heures à bord du mythique transsibérien en platskart (плацкарт), la troisième classe des trains russes. Arrivé prévu en gare d’Irkoutsk le jeudi à 16h23 heure de Moscou. Je précise heure de Moscou, car en Russie tous les trains et gares se réfèrent à l’heure moscovite. Plutôt pratique  lorsque l’on sait que le pays traverse 9 fuseaux horaires d’est en ouest.
Pour l’immersion total, j’ai donc choisit de voyager en platskart cette fois ci. J’aurai pu choisir de voyager en seconde classe (kupe) avec seulement trois autres compagnons comme je l’avais entre Saint Pétersbourg et Moscou, mais vivre en communauté avec une quarantaine d’autres personne est je trouve bien plus palpitant, et rend l’expérience encore plus authentique. Et puis mon portefeuille m’en remercie… 130 euros pour traverser plus de la moitié du pays, les agences de voyage peuvent aller se rhabiller !

Le train démarre, et le kilomètre zéro s’éloigne lentement… Pas de coup de sifflet, et pas une minute de retard ou d’avance.
Les passagers s’installent, et l’hôtesse du wagon me remet mes draps et une petite serviette. Je salue mes camarades.

Valeria

Valeria

– Franzuska ?
– Da, minia zavout Matthieu
– Mireille Mathieu ?
– euh…. Da. Ochin priatna !
– Louis de Funès!!!
Mince le type qui me parle en face de moi est complètement bourré…mais imite à la perfection les mimiques de Louis de Funès !
– Ukraaaaine ? Fasciste ?!?!?  (attention l’accent russe est important ici)” me demande-t-il en me montrant du doigt et en haussant le ton.
– Euh…

Je crois qu’il est temps de monter dans ma couchette. Heureusement les deux femmes en face de moi me sortent de cette situation fâcheuse en calmant le type. Une douce musique pour pallier aux ronflements environnants et me voilà endormi… pour cette première nuit à bord du train N°100.

Petite parenthèse et mise au point à propos du transsibérien:
Le voyageur rêve du transsibérien, LE Transsibérien, ce train mythique qui relie Moscou à Vladivostok.
En réalité le voyageur d’aujourd’hui se retrouve face à une multitude d’itinéraires différents: le transsibérien, le transmongolien, le transmandchourien… Quel est alors le tracé légendaire, l’original?  A vrai dire il n’y a pas réellement de vraie réponse. L’ancien tracé passe un peu au nord, par Iaroslavl et Perm, alors que le “classique”, celui qu’emprunte le Rossiya passe un peu plus au sud par Kazan jusqu’à arriver au Far East de la Russie: Vladivostok.
Mais à dire vrai, tout ceci n’est que commerciale! Dites à n’importe quel russe que vous prenez le transsibérien pour traverser le pays et voyager, il vous regardera avec de grands yeux. D’abord parce qu’il ne comprendra pas ce que vous entendez par “transsibérien”, et ensuite il vous prendra pour un fou de prendre un train durant trois jours uniquement pour le “plaisir”. Ici les gens prennet le train pour aller voir leur famille, lorsqu’ils travaillent à Moscou par exemple. C’est pour eux le moyen le plus économique de se déplacer dans le pays.

Bref, je ne suis qu’un touriste parmi tant d’autres, et pour moi l’aventure transsibérienne commence !

A mon réveil mon voisin de dessous a déjà changé: Anastasia, une  jeune fille de 18 ans a pris sa place. Quelques mots échangés en russe, en anglais, quelque nourriture échangée, une tentative d’explication de mon itinéraire en Russie à l’aide de dessins et de mots. Puis chacun se tait. Et le temps passe…lentement…
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Les voyageurs enchaînent les allers-retours au samovar pour se réapprovisionner en eau chaude pour leur thé et autre soupe instantanée. Evidement je suis le seul étranger à bord. Que viendrait faire un touriste dans ce train?

P1120077Valeria a « un peu » dessoûlé durant la nuit, et on entame une partie de carte avec deux des autres passagers. Quel est le jeu ? Aucune idée… Quels sont les règles ? Aucune idée… En tout cas j’ai déjà gagné deux fois ! Et j’ai cru comprendre qu’il y avait une histoire d’atout. Allez savoir…
Je découvrirai plus tard qu’il s’agissait du
Durak, un jeu d’origine russe connu de tous.
Ça y’est on a passé la région de l’Oural: nous ne sommes plus en Europe mais bel est bien en Asie. Moscou est déjà bien loin, et Irkoutsk se rapproche petit à petit…
Depuis le départ certains sont parti, laissant place à de nouveaux compagnons de route. Valeria, après une remontrance de la part de la police monté à bord, a depuis décuvé, et restera sobre les 3000 kms suivants.
Le temps passe et chacun fait sa vie. Certains restent couchés, gisant sur leur matelas, agonisant sous l’ffet de la chaleur, pendant que d’autres s’acharnent sur des mots fléchés. Quelle heure peut-il bien être ? Aucune importance nous sommes dans ce wagon depuis bien trop longtemps et allons encore y rester encore des heures et des jours durant…

A bord du transsibérien le temps.. se fige, n’existe plus. D’ailleurs dans quel fuseau pouvons-nous bien être ? Nous venons de passer l’oural, il doit donc être deux heures de plus qu’à Moscou. ou peut-être déjà trois ? Parfait pour une petite partie d’échec ! Puis une autre…et encore une autre ! Je lis un livre, puis un second…puis encore un autre. Je me réserve Dostoïevski et autre Tolstoï pour plus tard… peut-être sur les berges du Baïkal?

Une chose me surprend néanmoins. La vodka et la bière ne coulent pas à flot comme tout le monde me le répétait depuis le début de mon voyage. En effet depuis juin la prohibition est de mise. Alcool interdit dans les lieux publics. De même que pour la cigarette. Et les russes ont l’air de respecter la nouvelle loi jusqu’à maintenant. Bien sur il y a toujours des irréductibles qui cachent leur bouteille sous le matelas… Non le transsibérien ce n’est plus comme avant me confiera un voyageur. Moins fun pour certains. Plus sur pour d’autres.

Alors on contemple le paysage défiler par la fenêtre, sobre. Toujours le même, monotone au possible, mais la lenteur du train nous permet de scruter chaque changement, aussi infime qu’il soit. De l’infini de la taïga aux petites maison de bois le long des voies, la forêt de bouleaux continue de défiler sous mes yeux. C’est donc cela la Sibérie. Un sentiment de “déjà-vu” qui se renouvelle heure après heure, à mesure que les kilomètres défilent.
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Il  pleut maintenant depuis plus de 12 heures sur les plateaux de Sibérie. Enfin un peu d’air dans le train, ce qui me fait le pus grand bien. Surtout que pour pimenter un peu le voyage, mon corps a décidé de jouer les rebelles. Pris de nausées et de sueurs, impossible d’avaler quoi que ce soit depuis bientôt 48 heures. Les spécialités locales vendues sur les quais des petites gares, ça ne sera hélas pas pour cette fois…

C’est finalement à la tombée de la nuit, 21h35 heure locale, que j’arrive sous la pluie sur le quai d’Irkoutsk. Fatigué, sale, je me dirige au hasard dans la ville à la recherche d’un toit pour la nuit. Le Baikaler Hostel m’accueillera pour les deux prochaines nuits, histoire de souffler un peu et reprendre des forces. Le Baîkal n’est désormais plus très loin. Seulement à 70 kms au sud de la ville.
Mais partons tout d’abord a la découverte d’Irkoustk, capitale de la Sibérie orientale.

Irkoutsk

Irkoutsk

La ville, d’un demi million d’habitants tout de même, est plutôt belle, bien organisée, propre. Les anciennes maison en bois s’écroulent et se mêlent à la nouvelle architecture. Certaines de ces habitations n’ont toujours pas l’eau courante, et doivent approvisionner aux robinets publics. De la mauvaise pop russe résonne sur les rives de l’Angara lorsque je me promène au coucher du soleil. Face à moi, de l’autre coté du fleuve: la gare.

Depuis le départ de France et mon arrivée en Russie, toute mon attention était focalisée sur une chose et une seule: le lac Baïkal: la Perle de Sibérie .
Débarrassons nous tout de suite des statistiques de la démesure : 700 kms de long, 50 de large, jusqu’à 1600 m de profondeur en certains endroits: la plus volumineuse réserve d’eau douce de la planète! Rien que ça…
Les quelques heures de route qui me permettent d’arriver sur l’île d’Olkhon, à mi-chemin entre sud et nord du lac se terminent par une piste de terre. Les voitures laissent peu à peu place aux 4×4 et minibus de fabrication russes. robustes. Le décor change peu à peu jusqu’à devenir désertique, et les rives du lac se rapprochent. Aujourd’hui il n’y aura que 2 heures d’attente pour monter a bord du ferry. La veille, il y en avait eu 5.
Nous arrivons à Koughir, le principal village de l’île en milieu d’après-midi. Première impression très mauvaise: des hordes de touriste (week-end oblige), des campements à tout va, des hôtels et des restaurants partout. Moi qui pensait me perdre dans la steppe et sur les rivages du lac… heureusement il y a une solution. Partir tout droit et s’éloigner du village. A peine 5 kms plus loin et me voici seul. Seul face au géant, cette étendue d’eau gigantesque qui m’entoure, semblable à une mer.

Le rocher du Chaman

Les deux premiers jours, je les passe à vélo à explorer le nord de l’île, jusqu’au cap Kobhoy. Après plus de 50 kms dans les jambes, je trouve une petite plage isolée pour poser ma tente. Les précédents ont laissé du bois et des pommes de terre, de quoi me faire un festin avant la nuit! Le dîner prêt, le camp en place, ne serait-ce pas l’heure d’une petite baignade au coucher du soleil?

Trempez les pieds dans le lac et votre espérance de vie s’allongera d’un an. Baignez votre corps tout entier et voila 25 ans de gagné!
J’opte pour la seconde option, après tout, l’eau n’est pas si glaciale que cela a cette époque de l’année…

Quelque chose de mystique flotte sur cette île, un mélange de paix et d’énergie se dégage dans l’air. Le fait que l’île soit un des 5 centres sacrés du chamanisme y est surement pour quelque chose. De plus, nous sommes à présent en Bouriatie, la région bouddhiste de Sibérie. Je m’assieds et observe. En silence je contemple l’immense étendue d’eau face à moi, avant d’aller m’allonger et fermer les yeux. Le clapotis de l’eau me berce et je sombre peu à peu dans un sommeil profond…

Vélo remis a son propriétaire, je décide de partir explorer le sud de l’île a pieds. Pas d’itinéraire précis, seulement rallier l’embarcadère au sud de l’ile en deux ou trois jours. Suivant d’abord les rives du lac, je décide d’aller m’enfoncer un peu dans les terres. Le lac s’éloigne, et moi voici rapidement au beau milieu de la steppe. Regard rapide a 360°. De la steppe, et encore de la steppe. Je me sens tout petit tout a coup. Le retour à la civilisation, il se fera en stop jusqu’à Irkoutsk.
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Et comme si ces 6 jours sur l’île ne m’avait pas suffit, me voilà reparti sur les berges du lac, du côté de Listvianka cette fois-ci, a arpenter le tracé du Great Baïkal Trail. Dans les forets de Sibérie je m’enfonce doucement et avance à petit pas, le lac sur ma droite… Quelques 25 kms plus loin et je rallie le petit village de Bolshie Koty pour y prendre un bateau et revenir à Irkoutsk.
Et enfin pour clôturer mes aventures balkaïesques, je pars en direction de Slioudianka attraper un train et terminer a pieds sur l’ancien tracé du transsibérien jusqu’à Port Baïkal, empruntant la voie ferrée du CircumBaikal. De multiples tunnels, des ponts, des virages et encore des virages. Sensation étrange que d’évoluer a pieds le long de ces rails, qui n’est d’ailleurs pas sans me rappeler  les joies des Eurockéennes de Belfort! Le taux d’alcoolémie étant moindre cependant, j’évolue tranquillement des kms durant. Peur de rencontrer un train? Peu probable si l’on prend en considération qu’il n’y en a qu’un par jour et uniquement 5 jours sur 7. Des serpents? Niet. Des tics? Niet. Ni d’ours d’ailleurs, seulement quelques russes bruyants ici et la…

Great Baïkal Trail

Great Baïkal Trail

CircumBaïkal

CircumBaïkal

Derniers jours en Russie. Mon visa expire le 30 juillet et je dois d’ici la être à la frontière russo-mongole.
Le transsibérien m’emmène en longeant le Baïkal au sud sur près de 300 kms, avant de rejoindre Oulan Oude, la capitale de la Bouriatie. Le e wagon commence sérieusement à sentir l’omoul fumé, le poisson emblématique qui ne vit que dans le Baïkal…
La gigantesque tête de Lénine m’observe lorsque j’arrive à mon auberge dans le centre de la ville. La population change a encore changé. Nous ne sommes plus très loin de la Mongolie et ça se ressent. Il suffit d’ouvrir les yeux!

Demain, je devrais franchir la frontière, en stop car le bus direct est complet. L’aventure continue!

Mother Russia

CARTE D’IDENTITE

CAPITALE: Moscou
LANGUE: Russe
REGIME POLITIQUE: République fédérale
POPULATION: 143,5 millions
DEVISE: Rouble Russe (RUB)
PIB / Hab: 14 037 $

La pluie n’a quasiment pas cessée de tomber ces deux derniers jours… Lorsque j’attendais à Vilnius j’avais eu de la chance car c’était une fine pluie, mais  depuis hier c’est le déluge !  C’est donc en bus que je décide de rejoindre la Russie, sous les conseils de Maris.

Après quelques heures, nous arrivons devant un panneau. « Россия » indique la pancarte. Ca y’est nous sommes à la frontière. Un premier policier monte et récupère les passeports de tous les passagers. Il nous les rendra 15 minutes plus tard… sans tampon. On avance 100  m plus loin et cette fois-ci tout le monde descend du bus. En file indienne, chacun passe à la douane et tend son passeport ; pas un seul mot échangé avec mon interlocuteur, uniquement trois allers retour entre mon visage et la photo imprimée sur mon passeport. Un coup de tampon. C’est bon, je suis admis sur le territoire!  Dernières vérifications avers le portique de sécurité: un chien renifle les sacs de chacun. Une fois de retour dans le bus, je ne vois personne manquant à l’appel. 100 m plus loin, dernière vérif : un policier remonte dans le bus et vérifie que les visas tamponnés. Pas d’embrouilles cette fois-ci, le roi Poutine nous laisse pénétrer sur les terres de son royaume.

C’est ainsi que s’ouvre à moi les portes du pays le plus vaste de la planète : 143 millions d’âmes éparpillées d’est en ouest sur plus de 9000 kms. Un pays entre Europe et Asie.
30 jours risquent d’être bien trop peu pour découvrir un pays d’une telle immensité ! Je ne me pourrai hélas me limiter qu’aux principales villes et au lac Baïkal pour ce séjour.

C’est à Saint Petersburg que je commence mon voyage au royaume des tsars.  Surnommée « capitale du Nord » par les russes, c’est une ville pleine de charme et au caractère très européen que je découvre au fil de mes journées. Une semaine complète à découvrir la vie saint-pétersbourgeoise.
Quel plaisir de se promener au milieu de ces magnifiques palais et le long des différents canaux en allant d’île en île. En effet la ville est construite sur l’eau, et ce n’est pas pour rien que certains la surnomme la Venise du Nord. J’erre au gré de mes envies au fil des jours, parfois suivant les traces de Dostoïevski dans les anciens quartiers populaires de Kolomna, parfois explorant l’île de Vassilevski avec mes amis russes, ou tout simplement à flâner le long de Nevski Prospekt, l’artère principale de la ville.

Mais Saint-Pétersbourg c’est aussi une ville culturelle par excellence ! Après quatre jours consacrés à visiter la ville et explorer ses différents quartiers, je me devais de consacrer une journée au fameux musée de l’Hermitage. Situé en bordure du fleuve de la Neva, ce dernier est le plus grand musée du monde en termes d’œuvres exposées ; il paraîtrait même que si l’on devait rester une minute devant chacune des œuvres, il nous faudrait plus d’une vie entière pour tout voir…

Déambulant sur deux étages, Klaus Schulze m’offre un voyage intérieur et contemplatif à travers les âges et différents mouvements de la peinture… Impressionnisme, surréalisme ou encore cubisme, les plus belles toiles des grands maîtres hollandais et français sont exposées ici. Je reste fasciné devant certaines œuvres de  Paul Cézanne, et fais de belles découvertes comme avec le peintre Othon Friesz. Le musée en lui-même est une véritable œuvre d’art. Je termine la visite avec un petit tour au rez-de-chaussée afin de contempler la collection d’Égypte ancienne et de la Rome Antique.
Il est déjà 18h, et le soleil est réapparu. C’est avec des images encore plein la tête que je retourne tranquillement chez Tata et Ivan.

Hermitage

Hermitage

Ce soir Tata nous a confectionné un plat traditionnel russe : l’okrochka, qui est une soupe froide russe, composée de légumes crus, de pommes de terre, d’œufs durs et de viande, le tout baignant dans du kvas, cette boisson fermentée et gazeuse.

Ce dernier est fabriqué par fermentation naturelle du pain avec du blé et c’est la boisson nationale en Russie depuis le XVIème siècle. Étonnant est le mot qui me vient en premier à la bouche !

Beaucoup de monde ce soir à la maison. Un couple d’amis : Sergei et Alexander, une française rencontrée sur place, un autre ami russe…
Il est maintenant 23h, on a bien mangé bien bu, et Ivan propose une petite promenade en ville.
– Une promenade digestive ? Je demande
– Non on va juste acheter de l’herbe et des bières !
– Ah pardon… et de la vodka ?
– Non on ne boit pas vraiment de vodka en général… Mais si tu veux demain on en achètera !
Et en plus il y a la queue sur le trottoir! Et oui finalement la Russie c’est un peu comme chez nous, à part qu’on parle russe et que c’est écrit en cyrillique… “Na zdorovje !!!”
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Communisme vous avez dit ? Surement oui. Après tout, c’était l’URSS ici avant. Il suffit d’aller faire un tour au marché Oudelnaya au nord de la ville et vous pourrez débusquer de vielles reliques datant de l’époque soviétique. Une vraie mine d’or pour tout collectionneur ! Une balade dans l’est de l’île Vassilevski  et vous tomberez nez à nez avec d’imposants bâtiments désaffectés. Mais le capitalisme n’est jamais bien loin… Ne serait-ce pas un énième Burger King au coin de la rue ? Tiens et de l’autre côté de la rue n’est-ce pas un Mac Donald. Et là-bas au loin, mais oui on dirait bien un café Starbucks à côté d’un hôtel Marriott. Maman si tu me lis, je pense que tu ne reconnaîtrais pas le Saint Pétersbourg, pardon le Leningrad, que tu avais vu en 1967. Aujourd’hui on peut se promener partout et seul, sans être escorté par un guide. Après tout, Saint Pétersbourg, et surtout Moscou, rassemblement aujourd’hui sa dose de millionnaires et de nouveaux riches.
Mais attention lorsque vous voulez traverser une route. Passage piétons obligé et au feu vert sinon c’est le risque de l’amande! On ne rigole pas avec ca!
Homophobie ? Niet. Rien de tout ça dans la capitale du Nord. Un couple de lesbiennes se tenant par la taille dans la rue ça n’a pas l’air de choquer; nos deux amis Alexander et Sergei en sont un parfait exemple.
Et Poutine dans tout ça ? Aimé des russes ? Oui et non. « Avant tout le monde l’aimait bien, mais depuis l’histoire avec l’Ukraine ca a un peu changé. Disons que la plupart des russes sont pour le rattachement de la Crimée à la Russie, mais disons que la manière dont ca été fait…. Ça, c’est un peu moins bien passé… » Pour résumé: le fond d’accord, en revanche la forme…

Attention cependant! Ici je suis a Saint-petersburg, ce qui je pense est loin de refléter le pays dans totalité. Ça serait comme de dire je suis allé a Paris et j’ai vu la France…

Dernière journée à St Pet ! On part avec la même équipe passer le début de soirée au bord de la Neva sur Petrogradskaya. Chachliks, Viniegriet (salade de betteraves à la russe) et whisky au menu de ce soir. Il est déjà tard, minuit et le soleil continue son interminable descente… Nous sommes toujours dans la période des « White Nights » et le soleil ne se couche guère ces derniers temps. Fait assez troublant  lorsque vous sortez d’un bar à 1h du mat et qu’il fait toujours clair dehors ! Combien de temps ai-je passé à l’intérieur de ce foutu bar se dit-on ? Juste quelques heures…juste quelques heures…
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Sergei me prête son vélo et je pars avec Sacha (Alexander) pour une virée « nocturne » à travers le parc jusqu’à leur appartement.
Il est maintenant 1h passé et c’est officiel, nous ne pourrons pas rentrer ce soir chez Tata et Ivan. La raison ? Elle est simple: c’est physiquement impossible ! Durant la période estivale, tous les ponts de la ville s’élèvent pour laisser passer les bateaux entre 1h30 et 4h30. Il faudra donc patienter jusqu’au lendemain matin pour pouvoir rentrer à la maison.  Heureusement les gars ont prévu le coup et ils nous rejoignent avec une bouteille de vodka.
– Je croyais que vous ne buviez pas de vodka ?
– Oui mais tu es notre invité ! On se devait d’honorer notre pays !
– Da !
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Et c’est parti pour une soirée « à la russe ». Me voilà transporter dans un autre univers. Le leur. Ce soir il me joue la totale, avec musique russe traditionnelle… et musique russe un peu moins traditionelle ! Avec certaines déjà connu dans nos contrés… On discute de tout et de rien, la vodka coule à flot tandis que la musique continue de retentir dans l’appartement…
Tata, originaire de Sibérie, me conseille d’aller au lac Khovsghol. Ça serait une parfaite entrée pour la Mongolie me dit-elle. C’est un peuple à part, différent des mongols et des bouriates. Niet ! Cette frontière n’est hélas pas ouverte aux étrangers…
Il est bientôt 4h quand tout le monde part se coucher… Demain Ivan doit travailler, et j’avais prévu de visiter Peterhof, le Versailles russe ! La journée de demain va être longue… avant mon train pour Moscou qui est à 22h30

Il est 7h du matin quand j’arrive à la gare de Moscou. Le trafic est dense, les gens pressés, les boulevards gigantesques et les buildings imposants.

Moscou : capitale de la Fédération de Russie, 15 millions d’habitants, soit trois fois plus qu’à Saint-Pétersbourg.
Au premier abord beaucoup plus…russe que sa petite sœur du Nord. Quelques imposants bâtiments à l’architecture stalinienne tel que celui de l’université. Mais que vois-je la haut? mais oui l’emblème soviétique par excellence. La faucille et le marteau!

Moscou

Moscou


Je prends mon sac, enfile mes chaussures, et part à la découverte de cette géante, direction le nord-ouest de la ville où j’ai trouvé un couple de couchsurfers chez qui passer ces quelques jours.

C’est encore une fois à pieds que j’arpente la ville, découvrant le Kremlin et sa fameuse place rouge, la magnifique cathédrale Basile-le-Bienheureux à l’architecture si typique. Les belles voitures de sport sont légion dans la capitale, mais

Moscou a définitivement moins de charme que Saint-Pétersbourg aux premiers abords… et je ne changerai hélas pas d’avis après ces quelques jours passés à arpenter la capitale.
Trop grosse, trop de circulation, on se sent minuscule en tant que piéton, et on cherche le passage souterrain à chaque intersection.
J’ai tout de même tenté l’expérience du vélo. Tout d’abord sympatique le long de la Mosckova et dans le parc Gorki, mais vite un enfer et du suicide une fois en pleine ville au milieu de la circulation!

Place Rouge

Place Rouge

Mais il parait que c’est une ville parfaite pour la nuit. Et surtout une ville avec beaucoup d’histoire. Alors que sa petite sœur du Nord n’a que 300 ans, Moscou existait déjà au XIIème siècle. Les discothèques et bars sont légion dans la ville, et les soirées ne manquent pas… pour peu qu’on soit prêt à y mettre le prix !

Je passerai mon tour pour cette fois, et préfère m’évader pour le week-end vers un festival en forêt dans la région de Tvier, à 200 kms au nord de la capitale : le Forest Quest Festival.
Au revoir Marina, au revoir Aidan, et merci encore pour la délicieuse nourriture concocté chaque soir par Aidan, cet écossais expatrié de Glasgow à l’accent délicieux! Un régal…

Encore une fois merci aux réseaux sociaux, Dimitri me recontacte et accepte de m’emmener sur place en voiture. Et c’est finalement bien plus qu’un chauffeur que je vais trouver en la personne de Dimitri, mais un compagnon parfait pour une entrée directement dans l’univers d’une bande de copains russes. J’installe donc ma tente dans leur campement, où ils sont plus d’une dizaine à se réunir pour l’occasion.
L’endroit est idyllique, dans une forêt en bordure de la Volga. Le temps idéal… de belles journées en perspective !
En russe la vodka se boit en mangeant. Ce n’est pas comme du whisky ou du cognac m’explique Dimitri. La vodka ca n’a pas trop de gout, c’est donc parfait avec de la nourriture.
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15h30: Démonstration. le poulet est encore en train de cuire sur le feu de camp. Sergei me tend mon premier shot, ainsi qu’un morceau de salo sur du pain…le salo qu’est ce que c’est? ce n’est autre que…du gras! Spécialité en Ukraine pour donner de l’énergie lors des longues journées d’hiver. “Na zdorovje !!!”
Allez c’est l’heure du second shot, le poulet n’est toujours pas cuit… Cette fois-ci avec un morceau de concombre.  Un shot un truc à manger. Toujours. C’est comme ça que ça se passe en Russie. J’avais eu d’ailleurs la même expérience en Lituanie il y a deux ans de cela.

Le soleil va bientôt se coucher, heure idéale pour aller se relaxer  quelques heures à la scène chillout un peu en dehors de la forêt.

Mais une fois la nuit tombée… direction à la scène principale, en plein cœur de la forêt. L’accès est facile, il suffit de suivre les battements de musique. L’endroit est magique, et les différents djs diffusent, ou martèlent (rayez la mention inutile)- une techno dans un registre assez minimale. Style berlinois? Niet. Du gros son, bien plus lourd et psychédélique avec des basses fracassantes et des effets venus tout droit de l’espace. Et des choses de ce genre. Ça tape ça tape, du bon son de Rave Party, le tout au milieu de la forêt donc! On aime ou on aime pas… Personnellement je prend mon pied.

Et on remet ça le lendemain avec une alternance de drone/space music et de deep techno. Peu de monde au final durant le festival, en tout cas bien trop peu pour remplir les trois scènes disponibles.
Dommage, mais l’ambiance est parfaite, très relaxante.



On est déjà dimanche et il va falloir songer à repartir. Mais pas avant d’avoir piqué une tête dans la rivière. C’est quand même de la Volga dont on parle. La Volga, cette rivière mythique de Russie, qui avec ses 3692 kms de long en fait le fleuve le plus long d’Europe!

Et les organisateurs du festival ont pensé à tout, ils ont même construit un banya au bord. Je peux donc expérimenter mon premier banya sur les terres russes, avant de jeter nu dans la Volga, qui n’est d’ailleurs pas si froide que ça.

Nous pouvons rentrer en paix sur Moscou, et clôturer ce chapitre moscovite avec un délicieux restaurant géorgien…

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Chillout Stage